Il ne s’écoule pas une semaine sans qu’une entreprise ne sollicite des subventions gouvernementales pour financer ses projets ou tout simplement pour lui éviter de fermer ses portes. En 2004-2005, le gouvernement fédéral a versé 3,3 milliards en transferts directs aux entreprises et aux agriculteurs, et celui du Québec, 984 millions. Pas plus tard que vendredi dernier, CAE a obtenu des contributions de 220 millions de dollars des gouvernements fédéral et provincial.

Les subventions sont habituellement défendues par la plupart des politiciens, car elles apparaissent comme le moyen de sauver des emplois et d’assurer la prospérité économique. Or, à moins que l’argent versé aux entreprises ne soit un cadeau du Père Noël, les subventions sont inefficaces et nuisent à la création de richesse.

Imaginons qu’un agriculteur envisage de cultiver des cocotiers en serre et de commercialiser ses noix de coco au prix de 8$ l’unité. Devrions-nous investir notre argent dans son projet alors qu’il est manifestement non rentable? Serait-il raisonnable de l’encourager dans son dessein? C’est pourtant ce que nous faisons chaque fois que nous subventionnons une entreprise!

Quand une entreprise implore l’aide de l’État, c’est généralement parce qu’elle n’est pas rentable et que trop peu d’investisseurs privés sont disposés à la financer. Dans ce cas, il faut demander à nos élus pour quelle raison ils accordent aux entreprises en difficulté l’argent des contribuables? Pourquoi financent-ils avec nos impôts des entreprises dans lesquelles ils n’accepteraient jamais d’investir leur propre argent?

Subventionner une activité non rentable revient à récompenser l’inefficacité. Mais il y a plus grave encore. Pour avoir les moyens d’aider financièrement certaines entreprises, l’État doit en taxer d’autres. Or, imposer une taxe signifie que l’on pénalise la performance, car on confisque une partie des profits des entreprises les plus efficaces pour les redistribuer aux moins performantes.

Malgré tout, les subventions sont généralement bien acceptées sous prétexte qu’elles permettent de sauver des emplois. Cet argument est tout simplement faux, car il omet de considérer le fait qu’une entreprise que l’on taxe dispose de moins de fonds pour accroître la taille de ses installations. Ainsi, nous sauvons peut-être un emploi dans l’entreprise subventionnée, mais nous empêchons la création d’un autre dans l’entreprise taxée. Et si elle avait distribué des dividendes plutôt que de prendre de l’expansion? Dans ce cas, les actionnaires auraient dépensé davantage, ce qui aurait indéniablement avantagé certains secteurs d’activités.