annebourdu

La secrétaire générale nationale du Parti libéral démocrate défend la moralisation de la vie politique et les enjeux des municipales de 2014.

Etes-vous partisane d’une loi sur la moralisation de la vie politique qui devrait être bientôt présentée lors du Conseil des ministres ?

Oui, tout à fait. La vie politique est réglementée et contrôlée par la classe politique, des déviances préjudiciables au peuple français peuvent arriver et il faut mettre un terme au fonctionnement quant à soi de la classe politique.

Que pensez-vous des déclarations de patrimoine des membres du gouvernement : démarche de transparence ou de communication ?

Les déclarations de patrimoine telles qu’elles interviennent à l’heure actuelle dans la presse par des ministres ou des responsables politiques de l’UMP ou du PS sont une démarche parfaitement démagogique puisque cela ne règle rien. On prend des mesures dans l’urgence qui sont destinées à planter un arbre pour cacher la forêt. On peut très bien imaginer que si tous les responsables politiques étaient soumis à une obligation de déclaration de patrimoine, Monsieur Cahuzac n’aurait pas pour autant déclaré l’existence d’un compte crédité de 600 000 euros ou de 15 millions d’euros en Suisse ou à Singapour. Cela ne change rien au mal qui est la cause de ce processus. Je suis en revanche favorable au principe de déclaration du patrimoine des élus et des responsables politiques, mais c’est moins une déclaration publique qui a son intérêt que l’existence d’une autorité parfaitement indépendante qui permette de contrôler la réalité du patrimoine et la manière dont il est évalué. Concernant les actifs qui sont dans les paradis fiscaux : il est absolument indispensable de prévoir un système de sanctions réellement dissuasif qui comporte non seulement des sanctions financières mais encore, concernant les élus, les sanctions d’inéligibilité doivent être à vie.

Que pensez-vous de l’idée défendue par François Hollande de l’incompatibilité du mandat de député avec l’exercice de certaines professions, comme celle d’avocat d’affaires ?

Je pense que c’est une grande bêtise de la communication de l’Elysée à la suite de l’affaire Cahuzac. En quoi le domaine d’activité d’un avocat a un lien avec le fait qu’il soit autorisé ou pas à exercer un mandat électif ? C’est comme si l’on disait que c’est possible pour un gastro-entérologue et non pour un pneumologue. Il faut que la règle du jeu soit la même pour les élus venant du privé et du public. Si on parle de moralité on peut imaginer de renoncer à une situation de fonctionnaire. Le Parti libéral démocrate est favorable au non-cumul des mandats et dénonce l’utilisation des arcanes de la vie politique pour un intérêt personnel, par contre on ne peut abandonner son activité professionnelle privée et repartir à zéro après un mandat ou deux, cela n’a aucun sens et aurait pour seule conséquence de réserver la possibilité d’être député ou ministre seulement à des fonctionnaires. Les problèmes de conflits d’intérêt se posent dans tous les métiers. Il faut des règles rigoureuses et transparentes pour régler ces conflits. Pour ma part je suis avocate et médiateur, ce sont des activités qui sont incompatibles dans les mêmes dossiers. Des règles doivent être mises en place pour les personnes qui ont une activité professionnelle, qu’elle soit publique ou privée, pour s’assurer qu’elle n’interfère pas avec leur mandat électif. En même tant qu’une déclaration de patrimoine, je suis favorable à une déclaration des activités professionnelles et de mandat exercées. Il faut également assortir les abus de sanctions rigoureuses.

Pour les prochaines municipales de 2014, le Parti libéral démocrate va présenter des candidats aux côtés ou en tête de listes de l’Union des démocrates et indépendants. Comment envisagez-vous votre rôle au sein du parti de Jean-Louis Borloo ?

Le Parti libéral démocrate représente le pilier libéral de l’UDI comme il en existait un au sein de l’UDF. Le PLD va présenter un peu plus de 50 candidats dont 5 ou 6 têtes de liste.

En faites-vous partie ?

Si je suis appelée  à participer à une liste, je le ferai volontiers, mais ma priorité n’est pas une carrière personnelle. Je suis secrétaire générale, j’ai trois jeunes enfants et un métier prenant.

Quelles idées-phares souhaite défendre le PLD lors de ces élections locales ?

Nous souhaitons une plus grande participation de la société  civile. Nous nous sentons un peu seuls à défendre cette idée dans l’univers politique. Nous souhaitons également une plus grande transparence des subventions dont bénéficient les associations et nous menons un combat contre le clientélisme. On se trouve par ailleurs face à un millefeuille composé par les différentes collectivités territoriales et l’on ne sait plus très bien qui fait quoi. On gagnerait en termes de coût et de visibilité politique à simplifier ce millefeuille administratif. Nous défendons une politique économique et sociale qui libère l’emploi et repense nos solidarités qui sont en faillite et doivent être réformées.

Propos recueillis par Agnès T.