Chaque année, le ministère des Armées estime ce que devraient coûter les Opex, les opérations extérieures de l’armée française. Le budget pour l’année 2019 est prévu à 850 millions, contre 450 millions et 650 millions pour les années 2017 et 2018. Ont-ils été augmenté pour autant ? En fait, non. Sous-estimer le coût des Opex fait partie d’une stratégie de l’exécutif pour diminuer la prévision générale de déficit lors de la présentation du budget à l’automne. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le financement des surcoûts sera de toute façon garanti par la clause de sauvegarde d’une loi, la loi de programmation militaire qui prévoit une participation interministérielle. La réalité était toute autre puisque les opérations extérieures coutent bien à l’Etat français plus d’un milliard d’euros par an.

Au Mali, l’une des opérations extérieures les plus importantes avec l’opération Serval puis aujourd’hui Barkhane, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait estimé que l’intervention se monterait à 400 000 euros par jour. Avec, côté humain, 5 600 soldats couvrant l’opération Barkhane. Pour quelle rémunération ? Le coût d’un soldat en opération est de 50% de plus en mission qu’en France, sachant qu’un militaire français est payé au SMIC. Pour le matériel, ce n’est pas moins de douze avions de combat (six Mirage 2000 et quatre Rafale ainsi que deux Mirage F1CR). Cinq avions ravitailleurs C-135 FR sont également engagés sur les quatorze que compte l’armée française. Quant aux hélicoptères, ils étaient une vingtaine déployés dans le secteur, dont les deux dans lesquels sont morts les treize militaires. Le coût horaire d’un Mirage 2 000 monte à 11 700 euros. Celui d’un hélicoptère Tigre à 25 100 euros. 

Mais même si la France dépense un milliard dans ce type d’opérations, contre 37 milliards pour son budget total de fonctionnement, en réalité, ce qu’on déplore, c’est que l’armée « n’a pas les moyens des missions qu’on lui donne » selon un général. Question de moyen, de stratégie, de rationalisation ?