D’après Aquila YAO d’Audace Institut Afrique.

La concurrence se définit, toujours selon Pascal Salin, comme la liberté d’entrer sur un marché. Elle réussie dans un cadre qui rend le pouvoir aux individus et cela se traduit par des mesures de dérèglementation et la levée des barrières qui vont favoriser la modernisation, la diversification et les investissements.

L’exemple de la Côte d’Ivoire est intéressant dans le secteur de la téléphonie mobile. L’ouverture à la concurrence a engendré une diminution vertigineuse du coût de communication qui en dix (10) ans est passé de 1000 francs CFA la minute (avec un seul opérateur) à 25F la minute (avec 5 opérateurs). Outre la diminution des coûts de la communication, c’est la qualité, le désir d’améliorer les réseaux et les services qui guident les responsables de ces firmes au grand bonheur des populations.

La concurrence comme le souligne Henry LEPAGE dans Demain le libéralisme est « la technique qui permet à la collectivité de bénéficier d’une qualité d’informations ou de compétences supérieures à celles rendues possibles par d’autres procédures de régulation sociale ». Il faut donc que la classe politique africaine créée un cadre d’action marqué par l’encouragement de la compétitivité avec des institutions fortes et crédibles.

Au vu de tout ce qui précède, il est impérieux que les Africains sortent de leur outrecuidance qui empêche les talents de se libérer et qui éloigne leur continent du développement. Les pays les plus développés ont progressé grâce à l’essor du climat de liberté. Le tout étant de créer de bonnes incitations au développement. Au lieu de continuer à tendre la main, les Etats africains gagneraient à lutter notamment pour que les pays occidentaux puissent respecter les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en abaissant leurs barrières douanières et surtout en arrêtant de subventionner leur agriculture (exemple du coton).

La Banque mondiale dans son dernier rapport intitulé « La défragmentation de l’Afrique : approfondissement de l’intégration du commerce régional des biens et services », publié le 8 février dernier, souligne l’importance pour les pays d’Afrique de dynamiser leur commerce intra-régional soulignant que les différentes entraves à ces échanges faisaient perdre des milliards de dollars en revenus commerciaux potentiels au continent. Au-delà même des tarifs douaniers, la banque pointe la lourdeur des démarches administratives sur fond de corruption, le manque de professionnalisme de certains fonctionnaires et surtout une règlementation excessive (interdictions d’exportation et d’importation ; procédures exigeantes et coûteuses relatives aux licences d’exportation et d’importation ; etc.)

Martin Luther King disait, à juste titre, que : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Vivre ensemble ne veut pas dire se renier, s’ouvrir ne veut pas dire se perdre. L’Autre, n’est pas un danger mais bien une solution et plus l’ouverture sera grande, plus les opportunités commerciales se multiplieront, chaque pays gardant la force de sa spécificité. Conscient de cette voie de progrès, on peut se demander pourquoi les dirigeants africains se complaisent à maintenir leurs populations dans la pauvreté.