L’équilibre budgétaire.

La règle, d’une simplicité biblique, consiste, tout bêtement, à faire en sorte que les dépenses ne soient pas supérieures aux recettes ou bien, et si par malheur c’est le cas, de tout faire pour que cette situation ne reste que de courte durée, pour la même raison que lorsque vous êtes à « découvert », celle ne pas voir vos agios atteindre, un jour, un montant tel que vous soyez dans l’incapacité de rembourser…

Dès lors que l’État, au sens large du terme, est sensé ne pas rester en « déficit » trop longtemps ou ne pas l’être d’une manière trop flagrante, il ne peut agir, en gros, que sur trois leviers, trois leviers qui lui sont accessibles et dont il est maître. Le premier consiste à augmenter les prélèvements, le deuxième, lui, à réduire ses dépenses et le troisième, recours facile, électoralement indolore car quasi invisible, à emprunter pour boucler ses fins de mois y compris pour ses dépenses courantes.

Bien évidemment, notre petit État pris comme exemple « scolaire », a tout loisir d’agir sur l’un, sur l’autre, sur le troisième voire même, à des niveaux divers et adaptés, sur les trois à la fois. En ce qui nous concerne, force est de reconnaître qu’il a du paraître bien moins douloureux, sur l’instant, de laisser se creuser la dette avec, pour conséquence inéluctable, la flambée du montant cumulé des intérêts de celle-ci, que d’avoir le courage politique de tailler dans le vif, dans l’intérêt, certes lointain, des générations futures et non dans celui de l’échéance électorale immédiate avec, peut-être aussi, l’éventuelle satisfaction perverse de refiler la patate chaude au successeur.

Si, au moment de la Révolution de 1789, le service de la dette, c’est-à-dire le simple remboursement des intérêts, était le second poste budgétaire de la Nation, aujourd’hui, en atteignant rien moins que le montant annuel de 50 milliards, soit ce que rapporte l’impôt sur le revenu, il est devenu le premier poste budgétaire de l’État, devant celui de l’Éducation Nationale

Si, grâce à la RGPP* et à la LOLF**, une véritable inflexion des dépenses publiques a été initiée depuis 2002, celle-ci n’est pas encore suffisante pour produire des effets palpables et c’est, d’ailleurs, ce qui vient de nous coûter notre triple A, tout en restant, malgré tout, sur une marche tout à fait honorable du podium des agences de notation avec, pour consécration, des taux particulièrement bas malgré les avis éclairés de certains oiseaux de mauvais augure qui ont très probablement, et en cette occasion, confondu analyse objective et … argumentaire électoral.

 Source: http://www.hexagoneries.infos