Le véhicule sans chauffeur se rapproche

Dans dix ans, la voiture autonome devrait être une réalité quotidienne, mais chère : elle va d’abord révolutionner taxis et transports publics.

Rouler en centre-ville

La RATP n’est pas en reste : associée à l’autre constructeur français de navette autonome, Easymile, l’ex-régie du métro est passée à la vitesse supérieure, avec des véhicules sans conducteur qui circulent depuis octobre au Parc Floral, près du bois de Vincennes, à Paris, et sur le campus de CEA à Sarlay (Essonne). « Nous avons déjà embarqué plus de 30 000 voyageurs à Paris, explique Mathieu Dunant, responsable des innovations du groupe. C’est un vrai succès populaire et technique. »

Mais il faudra attendre un peu avant de voir circuler librement ces navettes ou robots taxis dans les centres-villes. Ce n’est pas pareil de faire rouler un véhicule sur autoroute, où tout le monde va dans le même sens, et gérer une zone dense avec des yeux rouges, des piétons, des vélos ou des scooters », rappelle Christophe Sapet, président fondateur de Navya. Commercialisées depuis 2015, ses petites navettes made in France ne circulent qu’en circuit fermé ou semi-fermé. Notamment à Lyon, dans le quartier de la Confluence. Ce cofondateur d’Infogrammes a levé 30 millions d’euros auprès de l’équipementier Valeo, de Keolis et du fonds qatari Groupe8 pour financer ses développements. Bourrés de capteurs, caméras de stéréovision et autres logiciels capables de détecter les obstacles et de communiquer entre eux, ces véhicules ont un prix entre très élevé : 250 000 euros pièce.

« Les coûts de fabrication diminueront au fur et à mesure de l’industrialisation des véhicules, estime toutefois Jean-Pierre Farandou, le PDG de Keolis. Ils seront surtout compensés par des frais d’exploitation nettement moins élevés », en raison de l’absence de chauffeurs. Cette question est d’ailleurs assez sensible chez les opérateurs de transports classiques, obligés de rassurer les milliers de conducteurs de bus ou de taxis.

Source : Challenges