Pour l’Europe, cette fin d’année apporte, enfin, quelques bonnes nouvelles. Après des mois d’hésitations, les membres de la zone euro ont enfin débloqué l’aide promise à la Grèce, 34,3 milliards d’euros, qui permettront de recapitaliser ses banques et de couvrir ses rachats de dettes. Premier effet positif, la notation de la Grèce a été relevée, réduisant les risques d’explosion des taux d’intérêt. Ainsi le peuple grec a entendu que ses lourds efforts n’ont pas été vains. Ainsi aussi le monde a-t-il compris quelle est la détermination de la zone euro à sauver la monnaie unique.

Deuxième bonne nouvelle, l’accord sur la supervision bancaire européenne qui ouvre la voie vers une intégration renforcée et la création d’une véritable Union bancaire. Le contrôle par la Banque centrale européenne des principaux établissements financiers de l’UE dans un premier temps, et je l’espère de toutes les banques européennes dans un second, va permettre de consolider le système financier européen, nous préservant à l’avenir d’une crise systémique telle que celle que l’on a connue en 2008 et dont nous sortons avec peine.

Deux bonnes nouvelles donc. Qui vont aider à stabiliser l’euro. Mais qui ne règleront pas le fond du problème. L’Europe est en crise et tout laisse à penser, indicateurs, statistiques et analystes, que notre continent va connaître en 2013 un contexte économique très dégradé.

Pour y répondre, de profondes réformes structurelles doivent encore être conduites dans nombre d’Etats membres, et particulièrement en France. L’esprit de réforme devra souffler aussi en Europe. Il est plus que temps d’initier une gouvernance politique qui soit vraiment démocratique et qui donne aux peuples la capacité de choisir et de décider des politiques qui sont mises en œuvre par l’Union. Pour faire face à la crise, l’Europe devra mobiliser ses ressources et ses atouts, qui sont nombreux, pour faire mieux et plus, y compris en investissant dans de nouvelles politiques communes. Mais cet « aggiornamento » ne pourra se faire qu’avec l’approbation et l’engagement des peuples européens. Sans eux, rien ne sera possible. Au contraire, si les peuples deviennent convaincus et déterminés, les obstacles se lèveront et une nouvelle époque de la construction européenne s’ouvrira.?Vous le voyez, le travail d’action et de réflexion ne manquera pas pour l’année 2013, et c’est heureux tant l’idéal européen mérite qu’on lui donne le meilleur. ?Je vous souhaite, ainsi qu’à tous ceux qui vous entourent, une très belle année.

MARIELLE DE SARNEZ