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TECHNOLOGIE – De nouveaux modes de transport sont actuellement sur bancs d’essais. L’avenir du TGV pourrait bien rimer avec navettes envoyées dans un tube sous pression.

Raccourcir les temps de trajet est devenu un enjeu stratégique, la distance n’étant plus un frein aux relations commerciales, entre autres. Dans cette optique, de multiples études ont été menées pour améliorer la vitesse des trains.

Un record de vitesse régulièrement battu

En Février 1981, une opération TGV 100 avait déjà permis de faire circuler sur rails un train à 380 km/h, un exploit pour l’époque. Lors d’une autre opération, V 150, en Avril 2007, le train avait cette fois atteint les 574,8 km/h. Ce nouveau record, détenu par la SNCF, a finalement été battu cette année par les Japonais. En travaillant sur l’aérodynamique du véhicule, ils sont en effet parvenus à atteindre une vitesse de 603 km/h, battant au passage leur propre record établi la semaine précédente à 590 km/h. L’appareil, baptisé JR Maglev, est en réalité un train à sustentation électromagnétique capable de parcourir 10 km par minute. Cette technologie consiste à utiliser le phénomène de répulsion des aimants pour soulever le train à 10 cm du sol, lui permettant ainsi de circuler sans toucher les rails. Au visuel impressionnant, le JR Maglev est un concurrent redoutable des avions de ligne reliant les plus grosses villes japonaises. Les technologies évoluant sans cesse, il fallait pourtant bien imaginer un train plus performant pour le détrôner…

L’avenir ? Un voyage dans un tube…

Après le Maglev (pour Magnetic Levitation), l’avenir appartient désormais à son successeur : le Super Maglev. Des chercheurs de l’université de Jiaotong en Chine ont en effet annoncé la naissance d’un prototype pouvant parcourir 2900 km en une heure. En pratique, le train à sustentation magnétique circule dans un tube sous une pression de l’air dix fois inférieure à la pression atmosphérique au niveau de la mer. Le seul fait de ne pas toucher le rail permet déjà d’annuler la résistance aux frottements des roues sur les rails. En utilisant un tube sous basse pression, les chercheurs ont également ainsi pu diminuer drastiquement la résistance de l’air au déplacement du train. En jouant sur la forme aérodynamique de l’appareil, son mode de déplacement « aérien » et son environnement sous basse pression, la vitesse pouvant potentiellement être atteinte s’élève considérablement alors que la consommation énergétique, elle, diminue.

Un train futuriste à la française

Les avancées technologiques en termes de transport ne sont pas qu’une affaire asiatique. En France, des industriels aussi travaillent sur des projets similaires, comme Dirk Ahlborn, PDG de l’entreprise Hyperloop Transportation Technologies (HTT). Convaincu de l’intérêt d’un « nouveau moyen de transport à la fois simple, peu gourmand en énergie et abordable », il a défendu son projet de transport ultrarapide à Lille à l’occasion du forum mondial pour une économie responsable. L’Hyperloop consiste à voyager dans des navettes de 2,7 m de circonférence à une vitesse comprise entre 300 et 1100 km/h. Le principe de base s’apparente à celui proposé par les Japonais : un tube de 3,6 m de diamètre où la pression est réduite. Le train, quant à lui, circule grâce à un système de propulsion électromagnétique.

 

Si les projets aboutissent réellement à un mode de transport révolutionnaire, la concurrence sera rude car la sociétéEvacuated Tube Transport Technologies (ET3) a également conçu son projet, et ce n’est sûrement pas la seule. Selon certaines sources, la lévitation magnétique permettrait de voyager à une vitesse pouvant atteindre 6500 km/h. Il ne faudra pas non plus négliger le phénomène d’adaptation car, ne l’oublions pas, lorsque les humains, autrefois habitués aux voyages à cheval, ont assisté à l’émergence des premiers trains, la transition technologique s’est annoncé parfois difficile, beaucoup de passagers étant malades en regardant le paysage défiler si vite…