Dix ans après la généralisation des 35h, le constat est clair: les Français travaillent en moyenne 12% de moins que les citoyens des autres pays développés, selon l’OCDE. Les 35h n’ont pas atteint l’objectif qui leur avait été assigné en terme d’emplois. Pire encore, elles ont eu des effets négatifs à tous les niveaux de l’économie française. En augmentant le coût du travail, elles ont entravé la compétitivité de nos entreprises et par là-même, déprimé le niveau de production de l’ordre de 2 points du PIB. Quel a été le vrai coût des 35h ? Il y a tout d’a-bord les 12 milliards d’euros liés aux exonérations de cotisa-tions sociales qui compensent le surcoût qu’entrainaient les 35h. Il faut y rajouter les 3 milliards d’euros d’exonérations de charges sociales sur les heures supplémentaires et les 1360 millions d’euros d’exonérations fiscales. En 2010, la loi de Mar-tine Aubry aura donc couté 16 milliards d’euros au contribuable français.
La sortie des 35h est désormais une nécessité pour la France, et je me bats, avec l’UMP, pour y parvenir. L’avenir économi-que de notre pays en dépend. Notre démocratie sociale égale-ment. C’est pourquoi je souhaite proposer un système dans lequel salariés, entreprises et contribuables seront gagnants, en mettant en place une nouvelle démocratie sociale, fondée sur la négociation et la « responsabilisation » des entreprises, des représentants du personnel et de l’Etat.
Comment y arriver? Revenir sur les 35h, c’est aussi revenir sur la politique de compensations qui les accompagnait, et plus spécifiquement sur les 12 milliards d’euros d’allègements de charges qui sont censés compenser cette mesure. Je souhaite donc conditionner l’abaissement, puis l’extinction, de ces allè-gements à une négociation branche par branche sur la durée du travail et le champ social. Pour les salariés, c’est un cercle vertueux : ceux qui n’effectuent pas aujourd’hui d’heures sup-plémentaires verraient leurs salaire augmenter en proportion de leur temps de travail, soit environ 10% . Ceux qui en font déjà bénéficieraient d’une compensation transitoire, sous for-me de prime annuelle.
La durée du travail est primordiale pour notre économie. C’est elle qui peut creuser – ou au contraire réduire – l’écart de com-pétitivité avec nos voisins européens. C’est grâce à elle que nous pourrons rétablir notre avantage compétitif et jouer à armes égales avec nos principaux concurrents

Hervé NOVELLI
Président des Réformateurs-Libéraux