Les moins jeunes se souviennent de cette chanson de Guy Béart, et le président du CRIF, compte tenu de son âge, aurait dû s’en souvenir. Il aurait dû se souvenir aussi (mais pas forcément l’accepter) de l’adage selon lequel « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». Il aurait dû avoir à l’esprit l’existence d’un culte imposé par le « politiquement correct » pour lequel le sionisme est condamnable et qu’il est désormais acquis que « si ce n’est toi, c’est donc ton frère… c’est donc quelqu’un des tiens ».

Toutefois, nous ne lui reprocherons pas sa franchise, plus honorable que la reculade qui s’en est suivie.

Pourtant le président des institutions juives ne relatait qu’un constat évident : les auteurs des assassinats étaient des jeunes musulmans.  Il le faisait, en en minimisant la portée (une « minorité »). Il s’agissait donc de faits, rien que de faits, sans interprétation de leur motif. Au demeurant, quel autre motif que celui de la personnalité juive des victimes aurait-il pu être invoqué ?

Le « déni du réel est en passe de devenir un devoir civique » (Causeur du 25 février). S’il en est ainsi, si la relation des faits doit être voilée, si la vérité ne peut être dite, si les mots n’ont plus leur sens… alors, à force de vouloir tromper les autres, on prend le risque de se duper. Ainsi, M. Jospin croyait-il sincèrement « qu’il n’y avait pas d’insécurité, mais un sentiment d’insécurité » (comme le ressenti au froid !) ?

La France est un pays blessé, et « l’on ne guérit pas les blessures en les léchant avec une langue de bois» (M. Giscard d’Estaing). Nos hommes politiques de droite et de gauche ne semblent pas admettre que l’insécurité est définitivement installée : on tue dans les hypermarchés et dans les écoles, et cette insécurité est plus angoissante pour certains que pour d’autres.

Les Français ne sont pas aveugles. Ils savent qu’aucun parti dit de gouvernement n’aura suffisamment de courage pour affronter les dégâts causés par le multiculturalisme et ils finiront par se convaincre, toute autre solution devenue caduque, du bien-fondé du proverbe selon lequel « mieux vaut loucher que d’être aveugle ». Le président du CRIF semblait ce soir-là prendre en compte cette cruelle réalité…. Mais quel tollé !

 G.Levy