Quel point commun y a-t-il entre la baisse radicale des impôts et la légalisation des drogues ? Le désir profond et sincère de laisser les gens vivre leur vie sans devoir rendre compte à une autorité supérieure.
Les libertariens ne se contentent pas de défendre leur propre liberté, ils ne supportent pas non plus qu’un autre être humain puisse en être privé. Nous ne défendons pas les intérêts d’un groupe aux dépens des autres membres de la société, nous ne dressons pas les citoyens les uns contre les autres, nous ne cherchons pas de boucs émissaires dans telle ou telle communauté. Nous souhaitons profondément et sincèrement que chacun soit libre de suivre la route qu’il s’est choisie, que nous partagions ou non ses choix.
Dans un monde politique dominé par la médiocrité, la hargne et l’acrimonie, une telle position de principe ne constitue pas la voie de la facilité. Il est tellement plus simple d’obtenir des succès rapides en appelant à la haine des autres, des riches, des étrangers, des chômeurs, des évadés ! Tellement plus politiquement porteur de prétendre déformer la réalité à coup de lois pour la mettre au service de sa clientèle électorale ! Mais nous travaillons sur le long terme et nous voulons attirer un autre public. Des gens comme nous, résolument positifs, porteurs de principes moraux inébranlables et pleins d’espoir dans le futur de l’humanité.
Les individus sont parfaitement capables de gérer leur vie en toute autonomie. Partout où l’occasion leur en est donnée, ils le prouvent de manière irréfutable. Une fois la justice assurée et la propriété garantie, les intérêts convergent vers une harmonie sociale faite de paix, de liberté et de richesse. Dans notre monde socialiste, profondément perturbé par les innombrables interventions de l’État, une telle harmonie semble devenue utopique. Pourtant, les libertariens veulent rappeler qu’une société réconciliée reste possible et que la liberté des uns ne se paye pas au prix de l’esclavage des autres.
Les soldats de la grande guerre, fraternisant par-delà les tranchées et contre les ordres explicites de leurs généraux, résumaient ce même espoir en une expression célèbre que nous reprenons à notre compte et choisissons comme slogan pour la campagne de 2014 : “Vivre et laisser vivre”.

PATRICK SMETS