ll fut une époque, en effet, où il n’était pas envisageable de jeter de la nourriture dans la mesure où chaque reste pouvait combler un besoin alimentaire vital. Aux temps de la disette et de la famine, par exemple, les populations les plus pauvres ne manquaient pas d’ingéniosité pour « recycler » tout aliment qui pouvait l’être. C’est sans doute de cette période de l’Histoire, aujourd’hui, révolue, qu’est né  le délicieux pain perdu. Un doux souvenir d’enfance pour beaucoup qui renaît dans nos cuisines avec de simples ingrédients de base : pain, lait, oeuf et le beurre…

Le pain perdu permet d’utiliser du pain rassis, soit par nécessité de ne pas perdre de nourriture, soit parce que jeter du pain, avec ses connotations religieuses, était socialement inacceptable.

Mais, comme il a été repris par les cuisiniers qui l’ont enrichi de saveurs telles que la cannelle, il est aussi devenu un élément de desserts soignés proposés dans les restaurants gastronomiques

Au Canada, on parle de « pain doré », traditionnellement accompagné de sirop d’érable. Dans certaines régions de France, ce mets a d’autres appellations comme « dorée » dans le Périgord ou bien encore « pain crotté » ou « pain ferré » dans le nord. En néerlandais, il peut s’appeler « gewonnen brood »  : « pain gagné » (puisqu’il est récupéré). Le nom anglais est «bread and butter pudding». Aux États-Unis, le pain perdu est appelé «French toast». En Espagne, la torrija est une sorte de pain perdu, généralement associée à la période du carême ; il y a des formes régionales. La variante d’Argentine et d’Uruguay s’appelle torreja2. En Suisse, on appelle aussi ce mets « croûte dorée ». En Allemagne, on parle de « Armer Ritter », ce qui veut dire « chevalier pauvre » et qui désigne un repas pouvant être préparé avec peu de moyens financiers grâce aux ingrédients bon marché. Au Portugal, le pain perdu est un plat traditionnel de Noël qui s’appelle les « rabanadas ». Au Mexique, on parle de « Pan Francés », ce qui veut dire « Pain Français ».

L’Anjou connaît une variante, le pain perdu au triple sec (Combier ou Cointreau).

La Basse-Bretagne connaissait le boued laezh (« nourriture de lait »), c’est-à-dire du lait chauffé avec du pain

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En Charente, le pain perdu est parfois appelé soupe-rousse probablement à cause de sa couleur une fois cuit.

La Normandie possède une spécialité culinaire, le pain perdu à la normande ; il s’agit d’un pain perdu flambé avec du pommeau de Normandie et servi avec de la confiture de pommes.

En Turquie, il est consommé notamment au petit déjeuner appelé « Kızartma Ekmek » mais sa recette ne contient pas de lait, seulement des œufs contrairement à la recette française. Une autre différence est que le pain perdu est cuit dans de l’huile et non du beurre. Les turcs l’apprécient accompagné de différentes confitures.