Lors des différentes auditions des chefs d’état-major par les commissions dédiées aux affaires de défense du Parlement, le thème du moral dans les armées est récurrent, souvent pour mettre en garde contre sa dégradation chez les personnels militaires.

Le « sujet de la condition du personnel et du moral me semble porter des risques maximum pour l’avenir », a ainsi récemment avancé le général Ract-Madoux,  lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat.

« La baisse du moral de l’armée de terre en 2015 résulte du sentiment accru de diminution du pouvoir d’achat, de dégradation des conditions quotidiennes d’exercice du métier des armes et de détérioration de la capacité opérationnelle », est-il en outre écrit dans le dernier rapport sur le moral, établi chaque année.

Surtout, le moral des militaires est morose, si l’on en croit le dernier rapport du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM), une instance placée auprès du président de la République, comprenant neuf personnalités bénévoles, pour la plupart retraitées des forces armées, et présidée par un membre du Conseil d’État (actuellement Bernard Pêcheur).

Les militaires vont bien sûr défiler avec la fierté qu’on leur connaît. Ils acceptent – car c’est le cœur de leur vocation – la multiplication des missions à l’étranger (opérations notamment au Sahel contre le terrorisme djihadiste) et, désormais, à l’intérieur des frontières nationales (opération Sentinelle). Mais le doute les saisit depuis maintenant huit ans.

G.m