BEAU

Selon la tradition légendaire des Compagnons du Devoir et du Tour de France, leur fondateur, maître Jacques, en 950 av. J.-C., à son retour de la construction du temple de Salomon, se retire à la Sainte-Baume où il aurait été assassiné et enterré. Le passage sur le massif est incontournable dans leur périple initiatique.

La Sainte-Baume constitue une étape importante du Tour de France des compagnons, mais elle ne marque plus la fin du Tour de France. Les compagnons font ce pèlerinage quand ils le désirent, quand ils en éprouvent le besoin spirituel, certains même, ne le feront jamais, car ce n’est pas une étape obligatoire sur le Tour de France. Marie-Madeleine est la sainte patronne du compagnonnage, et une frappe particulière de la couleur des compagnons représente le « noli me tangere ». Le Tour de France est le chemin initiatique qui conduit à la maîtrise d’un métier et la Sainte-Baume apparaît comme le lieu — et le lien — qui unit les compagnons.

À l’occasion du pèlerinage, les compagnons ou aspirants arborent leur couleur, voire leur canne et commencent par la montée à la grotte. Une fois parvenu dans la grotte, le compagnon fait frapper sa couleur aux fers de la Sainte Baume, marque symbolique du passage en ce lieu, et il procède à la signature du livre de passage des compagnons. La couleur est une « sorte d’écharpe » qui se porte sur l’épaule et se noue sur la hanche. Elle est de couleur différente selon l’appartenance à un métier (bleu pour le bois, rouge pour le métal, blanc pour la pierre, etc.) Au fur et à mesure de son avancé sur le Tour de France, l’itinérant évolue et passe des épreuves (Adoption pour devenir Aspirant et Réception pour devenir Compagnon) ; au cours de ces deux cérémonies initiatiques d’autres symboles sont aposés sur la couleur. Le pèlerinage à la Sainte-Baume s’effectue autant par les Compagnons de l’Association ouvrière du Devoir et du Tour de France, que par ceux de la Fédération ou de l’Union.

Le 16 février 2003, s’est déroulé la cérémonie de dépôt des tampons et du registre des Compagnons du Tour de France des Devoirs unis, l’un des trois Compagnonnages.

En occitan provençal, on écrit la Santa Bauma selon la norme classique ou la Santo Baumo selon la norme mistralienne. Son nom vient de la présence d’une grotte (bauma/baumo en provençal, du gaulois balma de même sens1) qui a, dans la tradition chrétienne, été occupée par sainte Marie-Madeleine pendant trente ans, après avoir débarqué aux Saintes-Maries-de-la-Mer au ier siècle et qui, après avoir évangélisé la Provence, a été ensevelie dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.