Dérouler le fil de l’histoire du kimono, de l’ère Edo (1603-1868) jusqu’à nos jours. Voilà l’ambition de la nouvelle exposition du Musée national des Arts asiatiques – Guimet, que le grand public pourra admirer jusqu’au 22 mai prochain. Le parcours, d’une richesse éblouissante, compte quelque cent cinquante pièces prestigieuses : kimonos bien sûr, mais également parures, trousseau de mariage et paravents, pour comprendre comment ce vêtement emblématique et traditionnel a évolué au fil des siècles. Un cheminement dans l’histoire du Japon, mais aussi dans celle de la beauté nippone. Visite d’une merveilleuse exposition…

D’une apparente simplicité (le vêtement est en forme de T et il se constitue exclusivement de grandes pièces de tissu rectangulaires), sa forme ne cherche pas à épouser la morphologie humaine, à l’inverse du vêtement occidental. Aucune différence non plus, entre le kimono masculin et le féminin dans sa forme stricte. C’est uniquement par les couleurs, les broderies et les ornementations qu’il est possible de définir si le vêtement a été porté par une femme ou un homme.

Mais c’est justement cette forme sommaire qui fait de ce vêtement une pièce très particulière. Le kimono, qu’il soit réalisé en soie, en lin ou en coton, est très lourd à porter. Sa forme rigide, ses longues manches descendant parfois juste au-dessus du sol, dictent à son porteur une manière de se mouvoir, de s’assoir, de se relever. Pour maintenir cet atour fermé, le port d’un obi est obligatoire.