La clause du grand-père, c’est simplement l’antériorité de l’ancienne loi, qui continue alors de s’appliquer à celles et ceux qui en bénéficiaient. Il s’agit donc d’une sorte de statut quo. 

Pour la réforme des retraites, cela consiste à ce que tous les salariés actuels disparaissent du marché du travail, ce qui laisse environ 60 ans entre la prise de décision de la réforme et son application.

Cette clause, on la connait bien dans les entreprises publiques qui sont devenues privées ou qui s’ouvrent à la concurrence. C’est elle qui dicte, à la SNCF, qu’aucun nouveau entrant ne peut bénéficier du statut de cheminot, mais que ceux qui ont actuellement ce statut-là le garde jusqu’à la retraite. A La Poste et chez France Telecom, cela avait été la même histoire.

Alors, ça peut convenir dans le cas d’une seule entreprise, d’un seul collectif de quelques dizaines de milliers de personnes. Mais ici, sur une population active de 30 millions de personnes, c’est trop peu.

Jean-Paul Delevoye, le Haut-Commissaire aux retraités, s’est publiquement affiché contre cette clause. « Ce serait rajouter un 4ème régime spécial ». Pas faux, car il faudra 60 années encore, avant d’atteindre l’universalité des systèmes de retraites. Pour l’instant, le gouvernement paraît aligné et il n’est pas question d’accepter cette clause du grand-père. Mais nous sommes avant un mouvement social d’ampleur et il se pourrait bien que cette clause fasse partie des négociations que le gouvernement pourrait concéder.

Dans ce cas-là, la réforme que portait Emmanuel Macron partirait en lambeaux, tout comme son quinquennat.

Aurelie Rousseau