Le Club Green IT et ses partenaires, Collège des Directeurs Développement Durable (C3D), e-RSE.net et WWF France ont quantifié l’empreinte environnementale liée à l’activité numérique de 8 entreprises privées ou publiques en France.

Le bilan de l’activité numérique est lourd.

Cependant de bonnes pratiques existent et, en s’inspirant des entreprises les plus performantes des actions souvent simples à mettre en œuvre ont été identifiées pour améliorer l’empreinte numérique des salariés.

La seconde édition du Benchmark Numérique Responsable porte sur un panel de 8 grandes entreprises privées et publiques, soit :

  • 530 000 utilisateurs ;
  • 1,7 millions d’équipements informatiques et télécoms ;
  • 38 000 m2 de salle informatique.

L’empreinte environnementale annuelle du système d’information des 8 entreprises privées ou publiques représente :

  • 2 528 000 m3 d’eau (soit l’équivalent de la population de la ville d’Annecy 47 000 personnes), 50 millions de douches, 420 millions packs d’eau minérale 6l).
  • 1 485 000 MWh d’énergie primaire soit l’équivalent de la ville de Brest (200 000 habitants), 7 millions d’ampoules basse conso. 24×365) ;
  • 140 500 t de gaz à effet de serre (soit l’équivalent d’une ville de 17 000 français, 1 milliard de kilomètres voiture, 23 500 tours du monde) ;

Soit par utilisateur et par an :

  • 5 300 litres d’eau (880 packs d’eau minérale de 6l, soit 4 packs par jour ouvré).
  • 3 500 kWh d’énergie (80 ampoules basse consommation de 25W allumées 220 jours ouvrés pendant 8h) ;
  • 360 kg de gaz à effet de serre (2 400 kms en voiture soit 11 kms x 220 jours ouvrés).

Aurélie Pontal, responsable partenariats WWF indique :

« Le digital grandit et représente une réelle opportunité de développement de solutions concrètes pour réduire l’empreinte écologique. Cependant, si les défis environnementaux liés à ce développement dont la fabrication et la gestion des outils ne sont pas pris en compte ou mal traités, nous nous exposons à une augmentation considérable de notre empreinte et leurs conséquences, parmi lesquelles la dégradation des écosystèmes, l’épuisement de nos ressources et l’augmentation du réchauffement climatique. »

Il est à noter que les impacts ont lieu essentiellement lors de :

  • La fabrication des équipements des utilisateurs (57 % des émissions de GES) ;
  • La fabrication du papier et de l’électricité (61 % de la consommation d’eau) ;
  • L’alimentation électrique des équipements (63 % du bilan énergétique).

L’étude a permis d’identifier des entreprises exemplaires qui réussissent à réduire leur empreinte environnementale jusqu’à -70%.

Les trois actions les plus efficaces à court terme sont :

  • L’allongement de la durée de vie des matériels en favorisant le réemploi ;
  • La réduction des volumes d’impressions et le choix d’un papier labellisé FSC ou Blue Angel ;
  • L’utilisation d’une électricité fabriquée à partir d’une énergie primaire renouvelable.

« Ces bonnes pratiques sont simples, rapides, et peu coûteuses à mettre en œuvre » indique Frédéric Bordage, qui a réalisé l’étude pour le Club Green IT. « Le réemploi permet par exemple de réduire de 10 % à 20 % le bilan gaz à effet de serre du système d’information ». Et poursuit « Comme la consommation électrique des équipements utilisateurs a considérablement baissé en quelques années, le réemploi des équipements, l’utilisation d’électricité issue d’énergie primaire renouvelable, et la réduction des volumes d’impressions sont les trois principaux leviers pour réduire l’empreinte numérique d’un salarié » complète-t-il.

Au niveau social, trois axes de progrès se dessinent :

  • Lier réemploi et performance sociale en privilégiant les acteurs de l’économie solidaire (handicap et insertion) ;
  • Favoriser l’intégration des populations des plus fragiles lors de l’achat de prestations ;
  • Intégrer / inclure plus d’utilisateurs internes et externes via la conception responsable de service numérique.

Parmi les nouveaux leviers identifiés par l’étude, la conception responsable de service numérique montre un potentiel très important, de l’ordre de 2 à 100 fois moins de ressources informatiques nécessaires, à tous les niveaux du système d’information.