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L’accident hier à Puisseguin entre un bus et un camion est atroce, une horreur, un drame. Il est sain que nous en soyons tous peinés et que nous soutenions les familles et survivants dans leur malheur.

Mais cet accident révèle une autre victime, bien cachée, insidieuse, depuis longtemps malade : la presse. La presse qui trouve tellement peu de choses à nous dire qu’elle consacre désormais la majeure partie de son énergie pour les faits divers et la « rubrique des chiens écrasés ».

C’est bien connu : la France va tellement bien qu’il n’y a rien à en dire. Il n’y a rien d’intéressant à dire du chômage, de l’économie, de la justice, de la sécurité, pas plus que de l’enseignement.

Il n’y a rien à dire d’un pays qui détient de nombreux records peu compatibles avec sa devise : la plus forte fiscalité, le plus grand nombre d’élus par habitants, le plus ancien parti communiste occidental.

Il n’y a rien à dire d’un pays dont la 6éme ville est hors de ses frontières (Londres) du fait de l’exode auquel il pousse la plus jeune et la plus dynamique frange de sa population.

Il n’y a rien à dire d’un pays qui est à la 73ème place de l’Index of Economic Freedom (Indice de liberté économique, de laHeritage Foundation), derrière Oman et le Ghana et juste avant le Koweït.

Il n’y a rien à dire d’un pays où une loi est passée discrètement qui impose à toutes les entreprises dites sensibles, privées comme publiques, un contrôle étatique de leur sécurité informatique.

Mais il n’y a rien à dire surtout d’un pays où la liberté de la presse et son indépendance ont disparu.

On nous apprend à l’école que la presse, fameux Quatrième Pouvoir, serait dans une démocratie le garant de notre Liberté grâce à sa capacité à surveiller, enquêter et dénoncer les abus de pouvoir. Le journaliste, à l’affut du prochain Watergate, vivrait pour le salut du peuple face à l’ogre oppresseur.

Mais Puisseguin nous montre – hélas – une fois de plus que la presse française, désormais, ne nous parle de rien d’important et au contraire, dès qu’elle peut jeter ses feux sur un événement marginal mais chargé d’émotion ou de chauvinisme, elle ne s’en prive surtout pas. Autant de temps de gagné.

La presse, gavée des subventions étatiques qui la laissent survivre juste assez pour qu’elle dure dans la dépendance, joue en France le rôle de la propagande de l’époque des pires tyrannies du XXe siècle.

Heureusement, Internet est en train de bousculer tous ces fourbes et fera bientôt notre vraie Liberté.

S.G