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La lutte pour l’abolition de la prostitution est une revendication de longue date qui s’est vue renforcer par différentes prises de position internationales :

Le 26 février 2014, dans sa résolution Honeyball sur « la prostitution, l’exploitation sexuelle et leurs conséquences sur l’égalité entre les femmes et les hommes », le Parlement européen a réaffirmé que « la prostitution et son exploitation sont incompatibles avec le principe d’égalité femmes-hommes consacré par la Charte européenne des droits fondamentaux ».
En octobre 2014, le classement du Forum Economique Mondial indiquait que la Suède, l’Islande et la Finlande faisaient partie des quatre pays au monde les mieux classées en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Or ces trois pays sont aussi les premiers au monde à avoir dépénalisé les personnes prostituées et interdit simultanément l’achat d’un acte sexuel.
En décembre 2014, le Canada a adopté une législation visant à renoncer à la répression des personnes prostituées et à engager la responsabilité pénale des acheteurs de sexe. En juin 2015, l’Irlande du Nord a mis en œuvre une législation équivalente.
Dans le même temps, les pays qui, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, avaient légalisé le proxénétisme, afin de soi-disant mieux « encadrer le marché du travail du sexe et y garantir de bonnes conditions d’exercice » ont reconnu leur dramatique échec et font marche arrière.

Il revient maintenant à la France de refuser à son tour l’exploitation sexuelle d’êtres humains (des femmes à 80%) pour le bon vouloir de clients (des hommes à 99%) tout puissants. C’est une revendication massive des 7 organisations de jeunesse réunies dans le collectif “Les jeunes pour l’abolition” et des plus de 50 associations féministes du mouvement “Abolition 2012”.

La tolérance vis à vis des clients qui profitent et entretiennent ce système patriarcal, soumettant les femmes précaires à des violences quotidiennes et répétées, comme l’a montré le procès du Carlton, doit cesser. Nous portons un projet de société progressiste et égalitaire diamétralement opposé à celui entériné par le Sénat le 30 mars dernier qui lui a préféré la pénalisation des personnes prostituées et l’impunité des clients.

Osez le féminisme ! demande par conséquent aux député-e-s de redonner tout son sens initial au texte de loi lors de son examen en deuxième lecture, en y réintégrant le progrès pour l’égalité femmes-hommes, la protection des victimes de violences, la lutte contre l’exploitation sexuelle et la mise en place d’un réel plan d’accompagnement des personnes victimes pour offrir des alternatives à la prostitution.