Les retraites par répartition des Français ne sont pas financées, mais au moins le problème n’est plus nié. Plusieurs solutions sont envisagées, sauf une qui est rejetée avant même d’être examinée : une dose de capitalisation. L’exemple suédois des retraites et un autre cas bien français prouvent que cette solution est loin d’être coupable de tous les maux dont on l’accuse.

 

 » Voyez par exemple les fameuses retraites par capitalisation ! Des millions de gens ont d’ores et déjà perdu des années de travail, d’économie et d’efforts. Ils seront pauvres jusqu’à leur dernier souffle.  »

Blog Jean-Luc Mélenchon septembre 2008

Pour des raisons idéologiques, les syndicats et la grande majorité des responsables politiques sont farouchement opposés aux retraites par capitalisation au nom d’une solidarité souvent teintée de collectivisme. Mais avec la crise de 2008, cette opposition s’est transformée en hystérie : « Des millions d’Anglais qui n’ont plus de retraites », « Les Américains vont devoir travailler jusqu’à 80 ans », « Les Chiliens vont abandonner la retraite par capitalisation ».

Suède : la capitalisation résiste

Ces affirmations sont heureusement fausses, mais le but de ces cris alarmistes est de déconsidérer le système de retraite suédois qui est proposé pour notre pays. En Suède, depuis 1995, les retraites sont financées à 90% par la répartition et à 10% par la capitalisation individuelle. Pour investir ces 10%, les Suédois ont le choix entre des dizaines de fonds homologués par le gouvernement. Fin 2008, au moment où la bourse était à peu près à son minimum, ces fonds avaient baissé, mais n’étaient pas du tout en faillite. Et depuis leur création, leur rendement est positif, même si c’est trop faiblement après cette crise. Le rapport de 2009 n’est pas encore publié, mais d’après notre estimation leur valeur aura remonté de 10 à 15%.