Plus que toutes les autres banques centrales, la BCE a reçu pour mission principale la lutte contre l’inflation. Selon les courants de pensée monétariste, cette mission est le meilleur moyen d’atteindre les objectifs d’économie publique que sont la maximisation de la croissance économique, la minimisation du taux de chômage, la stabilité du taux de change effectif. De plus, la BCE ne dispose que d’un seul instrument (le niveau de ses taux directeurs) et n’a donc pas les moyens d’atteindre simultanément plusieurs objectifs.

Comme la BCE est « jeune », son comportement, ses habitudes, et le degré de respect de ses objectifs ne sont pas encore bien connus des agents économiques ; sa crédibilité se confortera avec le temps. La BCE a repris les structures de la Deutsche Bundesbank, la banque centrale allemande, pour bénéficier de sa « crédibilité », considérablement plus élevée que celles des autres banques centrales européennes entre les années 1970 à 1990[r.

L’objectif principal de la BCE, d’après ses statuts, est de maintenir la stabilité des prix, et, « sans préjudice de cet objectif », elle doit « promouvoir [..] un développement harmonieux, équilibré et durable des activités économiques, un niveau d’emploi et de protection sociale élevé, [..], une croissance durable et non inflationniste, un haut degré de compétitivité et de convergence des performances économiques [..]. »

En pratique, depuis sa création, on constate que la BCE a su faire preuve de souplesse dans l’achèvement de son objectif principal, l’inflation ayant dépassé 2 % plusieurs fois depuis 2001, malgré l’objectif officiel de se placer « au-dessous mais à proximité de 2 % ».