Les négociations sur les droits de douane ne sont qu’une conséquence de la véritable guerre que se mènent les deux empires, car ils savent bien que pour dominer le monde aujourd’hui, il faut dominer dans la technologie.

Un avion à destination de Pékin, abattu en plein ciel par les Américains et consorts, parce qu’il avait dans son chargement une technologie avancée, voilà l’hypothèse la plus folle, mais aussi la plus plausible à l’heure actuelle, dans la disparition de l’avion MH370 il y a cinq ans. Plusieurs personnes qui se sont penchées sur le cas, journalistes comme enquêteurs, ont pu arriver à cette même conclusion sur le seul mystère de l’aviation civile qui reste encore irrésolu et cette hypothèse fait froid dans le dos.

Le XXème siècle aura connu les guerres militaires, diplomatiques avec la Guerre Froide ; le XXIème siècle est celui de la guerre technologique. Le combat entre les Chinois et les Américains sera bien autour de la technologie avancée. Plus que de savoir qui produira l’acier ou les véhicules, l’enjeu est aujourd’hui sur la possession et la capacité d’utilisation des données informatiques, voire de l’intelligence artificielle.

L’avance technologique des Chinois ne date pas d’hier. Lors de ses voyages, Marco Polo, déjà, en revint tout érudit d’outils scientifiques ou pratiques, absolument nouveaux pour l’époque – une boussole, du papier…

Et à cette guerre-là, la Chine s’y prépare depuis de nombreuses années. D’abord, en formant des armées d’ingénieurs, tous plus qualifiés les uns que les autres, dans les universités chinoises, qui ont d’ailleurs monté en puissance à une vitesse grand V dans les classements adéquats et partout dans le monde, avec des étudiants chinois particulièrement conquis par les programmes d’échanges.

Ensuite, la Chine est bien le seul pays au monde à avoir des équivalents nationaux aux GAFA, avec Tencent, Alibaba ou Baidu. Evidemment, la Chine est un territoire où les entreprises dépensent beaucoup d’argent en matière de recherche-développement – 15% du chiffre d’affaires pour l’entreprise telecom Huawei, et le nombre de brevets déposés y est déjà deux fois plus élevé qu’aux Etats-Unis.

Parmi les champions, si certaines entreprises restent cantonnées au continent asiatique, d’autres ont franchi le pas des marchés internationaux pour devancer maintenant les géants américains.

Huawei s’est lancé en fabriquant son propre matériel avec une stratégie de prix agressifs et

à grand renfort de subventions gouvernementales. Il est aujourd’hui devant Apple en termes de ventes mais il est aussi devenu un équipementier pour les réseaux mondiaux, notamment européens comme British Telecom, Vodafone, Orange, Deutsche Telekom. Ce qui lui vaut d’être incontournable dans le domaine de la 5G, au même titre qu’Ericsson ou Nokia.

Autre position de force pour la Chine, celle des terres rares. D’ailleurs, le rapprochement des Etats-Unis avec la Corée du Nord n’est pas étranger au contexte chinois. Les deux pays savent bien que le territoire de Kim-Jong Un regorge de terres rares, ces métaux dont les propriétés exceptionnelles entrent dans la fabrication des produits technologiques – puces électroniques, système de connectivité, robots et même systèmes de défense. Mais qui dit rare dit cher. La Chine est la seule à produire ce type de métaux, qu’on trouve sur son territoire, mais aussi en Corée du Nord, dont elle exploite les mines, parce qu’elle a fait en sorte que ce soit un monopole. Les Etats-Unis aujourd’hui ne peuvent que réagir.

Un autre continent, mais aussi une toute autre culture que les anglo-saxons. Pour dominer l’internet de demain, il faut commencer par la 5G.  Alors forcément, quand on les soupçonne d’espionnage, la solution toute trouvée est d’écarter les entreprises chinoises par la réglementation. Facile ? Peut-être. Suffisant, pas sûr !