Les événements tragiques du mois de janvier ont laissé la France stupéfaite et horrifiée. Puis nous avons tous « communié » au son d’une marche républicaine et enfin nous nous sommes faits l’écho des propos du 1er Ministre Manuel Valls spécialiste des slogans fédérateurs, après « j’aime l’entreprise » nous avons eu droit à « il y a un avant et un après-charlie hebdo » relayé par le monde médiatique « tous Charlie ». Une chaîne impressionnante de soutiens, de moyens pour que le journal satirique puisse continuer à fonctionner. L’argent afflue de toute part, à tel point « qu’il devient compliqué de gérer ce montant de dons très important » témoigne François Morel le patron du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) et PDG « des Échos » alors que Charlie Hebdo était, avant l’attentat, au bord de la faillite.

L’État, en bon samaritain, par l’intermédiaire du ministre de la Culture et de la communication Fleur Pellerin a annoncé également le déblocage d’un million d’euros pour « Charlie », « nous voulons dire que l’État est là, pour l’urgence mais aussi pour la pérennité du titre », certes mais que devient dans tout ça l’imprimerie de Dammartin-en-Goële saccagée par les frères Kouachi et dévastée lors de l’assaut des forces de l’ordre.

Dans cette commune, pour aider l’entreprise, les habitants de Dammartin et du département ont dû se mobiliser sur le internet afin de financer les travaux de réhabilitation de l’imprimerie CTD qui s’élève à 100 000 €, le maire a même fait placer une urne pour solliciter les dons. Un bel élan de solidarité qui nous laisse admiratifs mais qui nous envahit d’un sentiment d’injustice, en effet pourquoi cette entreprise n’a-t-elle pas eu droit au même « après » que Charlie Hebdo ?

Son patron toujours choqué, regrette le manque d’aide des pouvoirs publics. « Aujourd’hui, j’ai un soutien moral, affirme-t-il. Mais je n’ai pas de soutien financier de l’État. On ne m’a rien donné. (…) Je suis surpris, c’est comme si l’entreprise avait connu un sinistre normal. » (francetvinfo.fr)

S’il y a en effet, un avant et un après-charlie, nous avons donc demandé à Bernard Deflesselles député de notre circonscription de poser la question écrite suivante à Madame la ministre :

« que la somme de 1 million d’euros, promise au journal Charlie Hebdo, a été effectivement remise et si, parallèlement à la subvention offerte à ce journal, dont les recettes ont au demeurant permis à elles seules la poursuite de son activité, toutes les victimes des exactions commis les 7, 8 et 9 janvier 2015, ou leurs ayants droit, ont été indemnisée qu’il s’agisse de l’atteinte à l’intégrité des personnes ou des biens ».

Parce que la solidarité républicaine passe aussi par une répartition équitable des deniers publics, la compassion à géométrie variable de l’État, n’est pas digne d’un pays qui prône sans cesse la défense des plus faibles.

G.Frixon

présidente de l’Association des Contribuables de l’Intercommunalité d’Aubagne.