En quinze ans, la France a vu sa part de marché tomber de 11 % à 5,5 % en Afrique. La Chine a occupé le champ laissé par les Européens selon Coface.

Les inusables pick-up Peugeot qui pendant des décennies ont sillonné les pistes et les routes africaines ont aujourd’hui laissé la place à leurs homologues japonais, sud coréens et demain à la vague chinoise ou indienne. Le constat du désamour pour les produits français sur le continent africain n’est pas propre à l’automobile. Il est le même dans le secteur des machines, des appareils électriques ou électroniques ou encore la pharmacie… Comparativement la Chine s’envole avec une part de marché atteignant 18%. La France est aussi concurrencée comme des pays comme l’Ukraine et la Russie. 
Le commerce extérieur français n’a pas le moral. Illustration en Afrique, où les parts de marché à l’exportation de la France ont diminuées de moitié depuis l’an 2000. Même si la balance avec l’Afrique reste excédentaire, les entreprises françaises perdent du terrain par rapport à la concurrence chinoise et plus étonnamment… allemande.
C’est un symbole qui en dit long. Pour la première fois, l’Allemagne a ravi à la France la place de premier fournisseur européen à l’Afrique. Jamais auparavant Berlin n’avait supplanté Paris sur le continent. Il faut y voir, selon les experts de la Coface, l’assureur crédit des entreprises françaises qui exportent, les effets de l’offensive économique allemande vis-à-vis de l’Afrique. Mais il faut y voir surtout une perte d’influence française sur des marchés qu’elle dominait traditionnellement.
Les entreprises françaises en Afrique espèrent une nouvelle donne.
En formant les élites locales et en participant à la construction de l’Afrique urbaine et numérique, les français espèrent récupérer le terrain perdu. C’est le marché le plus dynamique du monde pour les cinq à sept années qui viennent et la compétition est féroce. Thérésa May et Angela Merkel viennent toutes deux d’y faire des visites officielles dans plusieurs pays. Emmanuel Macron, qui s’est déjà rendu plusieurs foid en Afrique, a fait de l’alliance avec ce continent une priorité de son quinquennat, notamment dans les domaines de la sécurité, l’éducation et la santé. La part de marché globale des entreprises françaises a diminué de moitié en quinze ans. Et si, pour se relancer, elles misaient sur le partenariat d’entreprises ?Notre commerce extérieur est un enjeu autant financier et technologique que social, notamment par les emplois qu’il génère. C’est notamment le cas en Afrique, où la part de marché globale de nos entreprises a diminué de plus de la moitié en quinze ans ! Nombre d’entre elles ont priorisé d’autres marchés, jugés plus rapidement rentables ou plus prestigieux. Mais beaucoup se sont fait exclure par  des exportateurs moins chers (Chine, Turquie), faute de prix non compétitifs du aux coûts de fabrications en France et surtout des législations moins contraignantes que les françaises ! Pour la Coface, il existe d’importantes marges de progression, non seulement au Maghreb, mais aussi en Afrique de l’est, sur les marchés dynamiques comme l’ Ethiopie et le Kenya.
Jacques Daniel DELAIRE
Membre de l’AAJF