Le déménagement de Washington à Francfort s’est fait au courant du mois d’octobre. Désireuse d’apprendre l’allemand et les spécialités culinaires de la Hesse, la Française a trouvé un logement non loin de la Skytower. 

Depuis quelques semaines, c’était donc en « doublon » de Mario Draghi que Christine Lagarde naviguait au siège de l’institution. Mais depuis le 1er novembre, elle est seule aux commandes.

Christine Lagarde, c’est un sourire et un optimisme affichée. En femme politique, les critiques, elle connait. Alors que son prédécesseur avait réussi à se faire affubler du surnom de comte « Draghila », car il siphonnait le compte des épargnants avec ses taux bas.

Puis, Christine Lagardre a une formation d’avocate, donc elle soignera sa communication, à la fois à l’intérieur de ses équipes, mais aussi vers l’extérieur, à l’attention des investisseurs, qui l’attendent au tournant.

Et Christine Lagarde va vite s’apercevoir que la BCE, c’est moins de pays à gérer que le Fonds Monétaire International, moins de membres, moins de dossiers, mais pas moins de désaccords. Dans la traditionnelle division qui opposent les théoriciens de la politique monétaire entre faucons conservateurs et colombes dépensières, Christine Lagarde ne choisit pas pour le moment et choisit de se positionner en chouette. « J’aime les chouettes. Ce sont des animaux très sages » précise l’intéressée. Que nous réservera ce type de politique monétaire ? 

« L’Allemagne n’est que l’un des 19 pays de la zone euro et la Banque centrale européenne a besoin de tous pour appliquer ses décisions ». Son premier combat semble tout trouvé, ce sera d’inciter l’Allemagne a faire de plus grandes largesses budgétaires et à dépenser plus. Mais à Francfort, elle est en terrain ennemie.