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Jean-Louis Marie Borloo est le fils de Lucien Borloo, coursier puis directeur d’une caisse de retraite d’origine belge, et de Mauricette Acquaviva, originaire de Lozzi en Haute-Corse et ancienne présidente de la Fédération française des équipes Saint-Vincent. Son grand-père maternel, Jean-André Acquaviva, fut conseiller général de l’ancien canton de Calacuccia. Il effectue sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly (Paris) et commence à se passionner pour laphilosophie et l’histoire. Parallèlement à ses études, il est chef scout durant de nombreuses années.

En 1972, Jean-Louis Borloo obtient deux licences en droit et philosophie à la Sorbonne, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, puis en histoire et sciences économiques à l’université de Nanterre6. Passionné par la Chine maoïste, il s’y rend et parvient à saluer Mao Zedong[réf. nécessaire]. Il parfait ensuite sa formation avec des études au MBA d’HEC (promotion 1976) où il effectue un programme d’échange à l’université de Manchester.

À l’orée des années 1980, devenu avocat au barreau de Paris, il fonde le cabinet d’avocats Borloo & Associés, d’abord spécialisé dans le droit des entreprises en difficulté puis dans la transmission, l’implantation d’entreprises, le marché financier, les fusions et acquisitions. S’entourant de jeunes ingénieurs, Jean-Louis Borloo se positionne alors comme l’un des conseils externes les plus recherchés par les grandes entreprises, et est classé par Forbes parmi les avocats les mieux payés au monde. Il est ainsi l’avocat d’affaires de Bernard Tapie.

À cette même époque, il enseigne l’analyse financière à HEC Paris. En 1986, âgé de 35 ans, Jean-Louis Borloo cherche à diversifier ses activités. À l’instar de son ami Bernard Tapie dirigeant l’Olympique de Marseille, il accède à la présidence de l’USVA (Union sportive Valenciennes-Anzin), poste qu’il occupe jusqu’en 1991. Il découvre ainsi le Nord de la France et s’inquiète de l’aspect sinistré de la région[réf. nécessaire].

Divorcé de Jeanne-Marie Bazin, médecin gynécologue, avec qui il a eu une fille, il vit avec une Valenciennoise et a deux enfants. Le 21 juillet 2005, il se remarie à la mairie de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) avec la journaliste Béatrice Schönberg, née Szabo et divorcée du chanteur Claude-Michel Schönberg. Afin d’éviter tout conflit d’intérêt à la suite de la campagne présidentielle de 2007, son épouse Béatrice Schönberg quitte définitivement la présentation du journal télévisé de France 2 en mai 2007.

Il se présente en 1989 à l’élection de la mairie de Valenciennes, sur présentation du maire sortant, avec le soutien personnel de Jacques Chirac. Grâce à sa présence sur le terrain depuis 1986 et à l’absence de réelle opposition, il y est élu maire avec plus de 76 % des voix au second tour.

De mai 1989 à 1992, élu en deuxième position, obtenu toujours à la demande de Jacques Chirac, sur la liste UDF de Simone Veil (« Le Centre pour l’Europe » qui a recueilli 8,43 % des suffrages et 7 sièges sur 81 à pourvoir), Jean-Louis Borloo est membre du Parlement européen. Il obtient notamment le classement des trois arrondissements du Nord de Valenciennes, de Douai et d’Avesnes au titre de l’Objectif 1 de la politique régionale communautaire, soit les régions les plus aidées par les fonds structurels européens en 19939.

Jean-Louis Borloo est aussi un des fondateurs de Génération écologie (1990) aux côtés de Brice LalondeHaroun TazieffNoël Mamère, mais quitte rapidement les rangs de ce mouvement.

Aux élections régionales du 22 mars 1992, il mène dans le Nord une liste indépendante qui obtient 12,49 % des votants et 10 sièges sur 72 à pourvoir dans le département. Il obtient ainsi le quatrième score, derrière les 19,92 % et 17 élus RPRUDF du maire de Cambrai Jacques Legendre, les 19,6 % et 16 sièges socialistes du ministre d’État à la Ville et à l’Aménagement du territoire Michel Delebarre et les 13,89 % et 11 élus FN de Carl Lang. Il devance la listecommuniste du député Alain Bocquet (11,44 % et 9 sièges) ainsi que les deux listes écologistes, les Verts de Guy Hascoët (5 sièges) et Génération écologie de Pascal Dubois (4 élus), dont le score cumulé s’établit à 11,38 % des votants10. De plus, l’autre « liste Borloo » indépendante qu’il soutient dans le Pas-de-Calais obtient 3 élus sur 4111.

Fort de ce bon résultat et de l’affaiblissement de la majorité sortante PSPCF, Jean-Louis Borloo se porte candidat pour devenir président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et souhaite fonder sa majorité sur un noyau dit « de rénovation » alliant les 13 élus de ses listes aux 14 écologistes (ce qu’il qualifie de « première force politique » de la région), auquel pourrait s’ajouter la « droite modérée » et les « socialistes modernistes »12. Dans la nuit du 30 au31 mars 1992, après n’avoir fait le plein que de ses voix et des six de Génération écologie aux deux premiers tours (y compris quelques bulletins issus du FN au deuxième tour, qu’il a rejetés), il bénéficie du désistement en sa faveur deJacques Legendre qui lui apporte ainsi les 27 votes de son groupe pour le troisième tour afin de faire barrage tant à l’extrême-droite qu’au PS. Pour autant, ces derniers optent pour une stratégie similaire puisque Michel Delebarre se retire au profit de la Verte Marie-Christine Blandin qui est ainsi élue face à Jean-Louis Borloo par 56 voix contre 40, Génération écologie s’étant finalement elle aussi rangée aux côtés de la gauche13. Jean-Louis Borloo reste conseiller régionald’opposition jusqu’au 8 octobre 1993, ayant été élu député entretemps, tandis que son groupe a obtenu trois présidences de commissions au sein de l’assemblée nord-pas-de-calaisienne9.

Il est à nouveau tête de liste aux élections régionales de 1998 dans le Nord, cette fois-ci avec l’investiture de l’UDF (en fait surtout de Force démocrate) et le ralliement de certains membres du RPR et d’élus locaux divers droite, contre l’autre liste de droite menée par l’ancienne députée RPR Colette Codaccioni associée à des membres de DL. Il obtient 18,97 % des suffrages et 15 des 72 sièges à pourvoir, soit le deuxième meilleur score derrière la Gauche pluriellesans les Verts de Michel Delebarre (31,37 %, 25 élus) mais devant le FN de Carl Lang (17,39 %, 13 élus), la liste Codaccioni (11,5 % et 9 élus) et les Verts de la présidente Marie-Christine Blandin (8,76 %, 6 sièges)11. La réunionRPRUDFDVD ressort donc du scrutin au total avec 35 sièges sur 113, contre 51 à la gauche plurielle. La droite ne présente pas de candidat à la présidence du conseil régional (qui échoit au socialiste Michel Delebarre) et Jean-Louis Borloo démissionne de son mandat de conseiller régional dès le 26 novembre suivant.