Le plan de rigueur et de discipline budgétaire présenté ce lundi midi par le Premier ministre visant à la réduction de nos déficits et de la dette, témoigne de la volonté du gouvernement d’engager au plus vite les réformes nécessaires et de rétablir d’ici 2016 nos comptes publics sans pour autant casser le peu de croissance qui nous est promis dans les mois qui viennent.

Ces mesures nécessaires, si elles sont équilibrées et équitables quant à la répartition de l’effort demandé à tous les Français, n’en demeurent pas moins tardives et insuffisantes.

Tardives car les décisions prises sur la pression des marchés ne l’ont été que devant l’ampleur de la crise des dettes souveraines qui menace l’ensemble de la zone euro, alors que depuis plus de vingt ans les observateurs lucides réclamaient les réformes structurelles dont chacun reconnait aujourd’hui le caractère vital.

Insuffisantes par la modicité des économies prévues par l’ Etat face aux recettes nouvelles. Au delà du gel symbolique des salaires gouvernementaux et de la baisse des remboursements de campagne électorales ou encore des aides aux partis politiques, l’effort de la baisse des dépenses de l’Etat ne représentera que 500 millions d’euros d’économie ce qui, quant on sait que l’accroissement annuel de ses dépenses de fonctionnement atteint 10 milliards, relève du dérisoire.

Il faut aller plus loin en rognant de manière drastique les dotations en faveur des collectivités locales, en supprimant un échelon administratif, département ou région, en supprimant les aides indues comme l’AME versée aux clandestins, et en faisant une chasse résolue aux gaspillages, aux fraudes et aux dépenses inutiles en particulier celles liées à la communication.