« Tout va très bien madame la marquise » semblent chanter en chœur les investisseurs.

Au moment de célébrer les 10 ans de la crise de 2008, le monde de la finance va effectivement très bien avec des marchés au plus haut. Le Dow Jones a depuis bien longtemps dépassé les niveaux d’avant crise pour atteindre des records en ce début d’automne 2018. Résultat, les investisseurs délaissent totalement l’or. A quoi bon préparer le refuge alors qu’il fait si beau dehors ?

Cet optimisme débordant étonne. Il existe en effet un certain nombre de signaux plus ou moins faibles qui devraient, à minima, « alerter » les investisseurs sur les risques d’une crise.

Ainsi, l’autorité des marchés, début juillet, dans sa cartographie des risques boursiers pointait comme risque numéro 1 une correction brutale du prix des actifs financiers notamment aux Etats-Unis. En effet, la valorisation des entreprises cotées est importante de l’autre côté de l’Atlantique.

Une bourse américaine qui est devenue très dépendante de la réussite des valeurs technologiques. Elles représentent plus de 25% de la valorisation du Dow, autant dire qu’un faux pas de Facebook, de Google, Apple mais aussi Tesla pourrait avoir des incidences importantes sur l’ensemble des actions de l’indice.

Les Etats-Unis inquiètent les économistes avec des résultats en trompe l’œil. L’économie américaine tourne à plein régime avec une croissance soutenue et le plein emploi. Comment va se comporter cette économie avec un retour annoncé de l’inflation et une hausse des taux ?

Avec les « commémorations » de la crise de 2008, on a beaucoup reparlé des subprimes et comparé avec la situation actuelle. Après une telle crise systémique, on pouvait s’attendre à ce que des leçons soient tirées sur la dette privée et les produits financiers risqués. Les différents législateurs ont effectivement obtenu le renforcement des fonds propres et des disponibilités en liquidité des banques. Résultat, le « shadow banking » s’est renforcé. Autant dire que la leçon sur la titrisation de la dette immobilière des ménages américains n’a absolument pas été retenue.

En 2018, c’est une autre dette qui inquiète, celle des prêts étudiants. Elle représente à la fin du premier semestre 2018, 1500 milliards de dollars avec une augmentation de 500 milliards en 5 ans. Si la situation de l’emploi se dégrade au pays de Donald Trump, les défaillances vont se multiplier.

Autre signal, qui prend de plus en plus de volume, le Brexit. En ce moment, les grands décideurs économiques répètent à l’envi que le scénario du Hard Brexit serait une véritable catastrophe pour de nombreux secteurs d’activité : la finance, l’agro-alimentaire, l’aéronautique notamment. L’immobilier londonien opère déjà une forte correction avec des prix en baisse de 25%.

Le monde économique espère-t-il obtenir un nouveau référendum avant le mois de mars 2019 ? Avec l’espoir que la population vote autrement ? Le printemps risque d’être chaud chez la perfide Albion.

On pourrait encore multiplier les descriptions de situations à risque en parlant de la dette publique de l’Italie ou bien encore de la croissance bien faible (pour ce pays) en Chine. Mais pour conclure, on rappellera que l’économie est une histoire de cycles. Et donc un cycle haussier précède toujours une correction, une respiration avant de repartir.

C’est avant l’incendie qu’on souscrit à une assurance.

Les économistes ont une expression pour décrire cette situation. On est dans un scénario à la Goldilocks, une zone tempérée sans forte croissance ni surchauffe, comme le bol tiède choisit par Boucle d’or. Et si l’on reste dans les comptines, on pourrait même dire qu’on est dans un monde de Bisounours où tout va bien. Grand soleil sur nos investissements on vous dit !

Pendant ce temps-là, le cours de l’or est au plancher. Les investisseurs n’achètent pas d’or. Certes ce n’est pas du tout la même chose, mais l’or tangible est tout autant concerné que les actions de sociétés minières. On notera quand même, dans le dernier rapport d’activité du World Gold Council, que plusieurs Etats ont renforcé leurs réserves en or. Des banques centrales qui veulent réduire leur dépendance au Dollar. La Turquie dont la Livre est fortement attaquée et la Russie notamment.

A la fin du mois de septembre 2018, on apprend aussi que John Paulson qui a fait fortune en jouant le « big short » sur les subprimes annonçait que son hedge fund lançait une alliance avec plusieurs autres fonds pour permettre à l’industrie minière de progresser. Il estime en effet que les sociétés qui exploitent les mines d’or sont mal gérées et pourrait donc améliorer leur rentabilité. C’est aussi le moyen d’être présent sur cette industrie qui mécaniquement reprendra des couleurs si une crise survient. En effet, le métal jaune retrouve toujours son rôle de valeur refuge en cas de besoin.

Tout cela a un petit air de 2006/2007, années qui ont servi de grandes manoeuvres à toutes les personnes un peu initiées. Elles se positionnaient à bon prix sur les actifs sécuritaires en même temps qu’elles commençaient à liquider les produits à risque qui firent exploser le système quelques mois plus tard.

Jean-Francois Faure, le PDG de Aucoffre.com

AuCOFFRE.com est une plateforme d’achat d’or physique avec garde sécurisée en coffres. La société a été créée en 2009 par Jean-François Faure, son Président. Aujourd’hui, AuCOFFRE.com est une communauté de plus de 15 000 membres.