Photo: Woytek Konarzewski

Photo: Woytek Konarzewski

Expert en art contemporain, critique d’art et commissaire d’expositions, Mylène Vignon est aussi une passionnée d’écriture. Elle nous parle de son premier roman, « L’Ombre de Saint-Cado », et du Mylène Vignon Moving Art, un collectif d’artistes qu’elle a créé en 2005.

Le CDL : Quelle a été la source de vos inspirations pour ce premier roman ? Les vacances de l’adolescente que vous étiez, une passion de l’archéologie ? Ou de la pure imagination ?

Mylène Vignon : « J’ai vécu une dizaine d’années entre la Bretagne et Paris, dans une maison de vacances de Saint-Cado. J’en suis tombée amoureuse et c’est ainsi qu’est né le projet d’écriture. Il a fallu trouver à mon héroïne un métier autre que le mien. Le choix de l’archéologue était une manière de souligner l’importance de ce domaine dans la région du récit. Ce roman a été l’occasion de parler des gens que j’ai connus, de mon amour pour les maisons. Il y a une mémoire dans les vieilles pierres et comme tout un chacun, j’ai eu envie d’écouter ce qui s’y passe ».

Le CDL : L’Ombre de Saint-Cado est le premier opus de la trilogie 

« Tara des ombres ». Quelle suite lui donnerez-vous ?

MV : « Je termine le dernier chapitre du deuxième opus. On quitte la Bretagne et Tara pose ses outils d’archéologue sur les chantiers de la mer des Faluns, qui recouvrait les pays de Loire il y a quelques millions d’années. Il existe en Touraine un lieu de fouilles où l’on retrouve des traces de ce passé : ossements, dents de requins et coquillages. En passionnée, l’archéologue va vivre dans une maison d’amis à Amboise, là même où Charles VII avait abrité ses pages. Elle va y connaître des aventures. Dans le troisième opus, ses aventures se poursuivront à Venise, dans une autre maison d’amis ».

Le CDL : L’écriture est-elle pour vous le meilleur moyen de s’évader de ce monde violent ?

MV : « Complètement, car il n’y a rien de vraiment violent dans ce que vit ce personnage fantasmé qu’est mon héroïne. L’écriture est une respiration qui permet de sortir des difficultés ambiantes. Mes lecteurs ont envie de connaître la suite des aventures ».

Le CDL : Un collectif d’artistes comme le MVMA n’est-il pas le dernier espace où l’on peut échanger sans altercation, contrairement aux rendez-vous politiques et religieux ? 

 MV : « Tout à fait, le MVMA est une bannière qui permet de rassembler des artistes de qualité. Il s’agit d’un lieu de liberté totale, sans tabous avec des personnalités qui, malgré leurs différences, se retrouvent très vite autour de leurs complémentarités. Aucun ne fait le même travail que l’autre ; ce foisonnement permet d’organiser des expositions collégiales comme le Cri des sirènes. Quand l’art est sincère, il n’y a pas de clivages ».

Propos recueillis par Magali Barthès

 

Le blog de Mylène Vignon : http://mylenevignon-mvma.blogspot.fr/