JACQUES DOMERGUE est le seul candidat de droite au second tour

JACQUES DOMERGUE est candidat à la Mairie de MONTPELLIER

Jacques Domergue, arrivé 3e lors des résultats du premier tour des élections municipales, se positionne en challenger pour proposer du renouveau et conquérir la ville de Montpellier, ancrée à gauche depuis une quarantaine d’années.

Interview sans détour d’un homme de convictions.

1. Montpellier et son agglomération accuse un taux de chômage de 14,8%. Quels outils pratiques et efficaces mettrez-vous en place pour lutter contre ce fléau ? Et en quoi cela redynamisera le tissu économique de la ville et de son agglomération ? 

On est à un taux de chômage de 5 points supérieur à la moyenne nationale. Ce n’est pas une fatalité parce que nous avons des atouts, mais ces atouts sont mal exploités.

Premier axe, la ville doit attirer des entreprises et pour cela, elle doit construire son identité économique. Comme ça c’est produit à Toulouse dans le cadre de l’aéronautique, comme ça c’est produit à Grenoble au travers des nanotechnologies, voire à Saint-Etienne maintenant pour le design. Il faut que l’on ait une image planétaire. Et Montpellier a la chance d’être connue dans le monde entier uniquement parce que l’on est la plus vieille fac de Médecine en exercice. La santé, c’est notre ADN. Je suis bien placé pour en parler, mais ce n’est pas parce que je suis médecin que je dis ça. Je serai avocat, je dirai la même chose. Montpellier doit devenir la capitale mondiale de la santé et en prenant ce label, on attirera bien évidemment tous les investisseurs dans le domaine de la santé, tous les entrepreneurs qui veulent investir dans le domaine de la santé parce qu’il y a un tissu économique et de recherche. Il ne manque plus que des entreprises. Il faut donc que l’on soit en capacité de faire venir des entreprises pour que cette image de la santé se développe.

La santé, ça va très loin. On le voit uniquement autour de la médecine et du soin, mais ce n’est pas que ça. La santé, c’est la recherche dans les biotechnologies, dans l’humain, dans les cellules souches. La santé, c’est l’homme dans sa globalité. La santé, c’est la façon de se nourrir et tout ce qui concerne santé et environnement. Et en agroalimentaire, Montpellier est l’un des plus gros sites actuellement sur le centre de recherche et de développement, comme au CIRAD ou encore sur Agropolis. Mais la santé c’est aussi la « silver » économie, c’est-à-dire les personnes âgées, parce que c’est pour demain une source de création d’entreprise pour aider à la dépendance, et aussi dans le cadre de la robotique, la domotique. Tout ça va au service de l’homme. Tout est au service de l’homme. Et donc c’est autour de l’homme qu’il faut construire cette image. Donc ça est le premier point : construire une identité économique, faire venir des entreprises chez nous.

2. Concrètement comment cela se traduira-t-il ?

Il faut que l’on construise cette image avec la recherche, avec des entreprises et ensuite aller démarcher d’autres entreprises dans ce domaine spécifique de la santé et de tout ce qui concerne l’homme. J’ai déjà des contacts bien sûr. Les gros laboratoires sont intéressés pour venir chez nous. Mais il faut comprendre pourquoi ils ne viennent pas, parce que c’est ça la vérité. Ils ne viennent pas d’abord parce que notre fiscalité est dissuasive. Donc après l’image et l’identité économique, le deuxième point c’est l’urgence de baisser la fiscalité des entreprises. Le foncier est trop cher, parce que la SERME spécule sur le dos des Montpelliérains. Il faut faire baisser le prix du foncier, y compris le prix des appartements. Parce que ça va de paire aujourd’hui : l’immobilier est très élevé parce que le foncier est cher et le foncier est cher parce que la SERME spécule, tous les promoteurs vous le diront. Baisser la fiscalité sur la CFE (ndlr Côtisation foncière des entreprises) qui sur Montpellier de 36,58%. Pour vous donner un ordre de comparaison, elle est de 32% à Marseille et à Toulouse et de 27% à Lyon, soit les trois grandes villes qui nous entourent. Comprenez bien que dans ce triangle d’or, quand un entrepreneur veut s’installer, il va en priorité là où c’est abordable. Toulouse a une démographie similaire à la nôtre, mais possède une fiscalité beaucoup moins chère. Donc la fiscalité est un frein et ce frein doit être levé. C’est pour ça que l’on a proposé de baisser la fiscalité pour revenir à une moyenne nationale, de telle sorte que ce ne soit pas un élément dissuasif pour les entreprises qui s’installent à Montpellier.

Troisième point les infrastructures. Contrairement aux trois villes que je viens de citer, Montpellier n’a pas d’aéroport international. Mais nous avons des petits aéroports dans la région, Béziers d’un côté, Nîmes de l’autre, qui aujourd’hui ont un peu de trafic sur le lowcost, mais ne permettent pas à l’aéroport de Fréjorgues-Méditerranée d’avoir le rang d’aéroport international. Il faut que l’on cesse les guéguerres picrocholines des villes par rapport aux autres. Il faut que l’aéroport dit de Montpellier ne soit plus l’aéroport de Montpellier, mais qu’il devienne celui de l’ère nouvelle avec pour axe Nîmes, Sète, Béziers et Montpellier. C’est un projet énorme que les politiques doivent dénoncer ou proposer afin que l’Etat qui est le principal patron de l’aéroport prenne ses responsabilités. Et si demain on passe d’1,4 million de passagers (ce qui est le chiffre du transit aujourd’hui) à 1,8 million parce que les deux aéroports se regroupent sur le site de Fréjorgues, on sera en capacité de prétendre à avoir un « hub » d’une compagnie lowcost. Ce hub, c’est 500.000 passagers, c’est 10.000 lignes internationales. C’est donc la possibilité pour tout ce qui vit autour du grand Montpellier d’aller sur le Maghreb mais surtout un peu partout en Europe. Et pour les chercheurs, les entreprises, les touristes, c’est fondamental. L’aéroport est source de création d’emplois et de richesses. Un euro investi est 20 euro rapportés à la collectivité.

1000 passagers équivaut à un emploi créé dans la zone, hors aéroport, donc imaginez 500.000 passagers, ce serait 500 emplois créés.

Le triptyque de la relance de l’activité économique est une identité économique, les baisses du foncier et de la fiscalité et la création d’infrastructures. On a du retard sur le TGV, pour aller jusqu’à Barcelone, nous devrons attendre 2030. On a du retard aussi sur le périphérique à Montpellier. Plutôt que de créer une ceinture autoroutière, ils ont doublé l’autoroute au Sud et alors qu’il fallait passer au Nord pour aller rejoindre la 750. Quand vous y réfléchissez, c’est que l’intérêt général n’est pas au premier plan.

3. Vous êtes le sauveur de Montpellier alors ?

J’ai des idées pour sauver Montpellier, pour redynamiser Montpellier. Je ne suis pas le sauveur. Mais Montpellier a besoin que l’on prenne des décisions énergiques. Parce que quand vous avez 15% de chômage, ça ne va pas durer longtemps. Un jour ça va péter. Les gens dans les quartiers m’ont même dit : « File moi un bon boulot, j’arrêterai de vendre du schitt ». Quand un jeune vous dit ça, ça vous interpelle quand même.

La ville doit être gérée comme une entreprise à forte valeur ajoutée humaine. Aujourd’hui, ce n’est pas géré. L’absentéisme à Montpellier coûte 20 millions d’euro à la collectivité. Le taux d’absentéisme est de 39 jours par salariés, plus 75 jours de congés divers et de RTT. Ça fait 100 jours où les personnels ne sont pas là. C’est fou !

Il y a donc une démotivation aujourd’hui des personnels municipaux qui ne sont pas encadrés. Cette démotivation est très forte. Et il faut impérativement que l’on se ressaisisse et que l’on redonne confiance. Un personnel qui rentre en catégorie C, il finit à 70 ans en catégorie C. Il n’y a pas de perspectives, ce n’est pas comme ça que l’on peut les motiver. Le plan de financement de la formation de Montpellier est faible. Il faut impérativement relancer tout ces processus pour redonner confiance, remotiver les échelons intermédiaires, l’encadrement. Je prends l’exemple de la police municipale : ils sont désespérés. On leur interdit de rentrer dans le tram. On leur interdit de collaborer avec la police nationale. Vous ne pouvez pas imaginer… Il n’y a pas de grosse délinquance à Montpellier, il n’y a pas de truands avec des kalachnikovs, pas encore. Ça pourrait venir un jour. Mais par contre, il y a beaucoup de petites délinquances. Elle explose et c’est au quotidien.

 

4. À quoi est due cette montée de la petite délinquance, selon vous ?

C’est dû d’abord à la détresse, au chômage et au laxisme. Vous n’avez pas de présence humaine policière dans la rue. Les policiers municipaux sont ceux que la gauche appelée à l’époque la police de proximité. C’est le plus important dans une ville où vous n’avez pas de grosse délinquance, on n’a pas besoin d’avoir des supers cow-boys. On a besoin d’avoir des gens au contact des jeunes, au contact des quartiers, au contact du centre-ville. Quand vous avez 134 policiers municipaux pour Montpellier avec un absentéisme comme que je vous disais, vous n’avez jamais personne dans la rue. Il faudrait donc doubler les effectifs. C’est-à-dire qu’il en faudrait un pour mille. Le quota en France pour une ville à peu près sécurisé est d’un pour mille. Je ne parle de Nice qui a un policier pour 650 personnes.

5. Comment faîtes-vous pour recruter tout ce personnel ?

Bonne question. Je n’ai pas besoin de recruter du personnel, sauf au début parce qu’il faudra donner un signe fort. Tout d’abord, je vais convertir du personnel. Je pense notamment aux ASVP (Agents de la surveillance de la voie publique). On leur donnera une promotion de carrière, ce qui ne coûtera pas plus cher à la collectivité mais ils seront un peu mieux payés, ce qui est quand même mieux pour eux. Parce qu’il faut redonner du pouvoir d’achat aux gens. Il y a en d’ailleurs une quarantaine que l’on peut transférer d’ici quelques mois en tant que policiers municipaux. Ils seront très heureux de l’apprendre et je sais déjà qu’il y en a beaucoup qui le demandent et qui sont intéressés par ça, pour l’avoir déjà annoncé.

Dans d’autres secteurs comme l’organisation du conseil municipal et de l’agglomération, les seules marges de manœuvres que l’on peut dégager se situent dans la mutualisation. Aujourd’hui, vous avez une direction des sports à la ville et une direction des sports à l’agglomération, la même chose pour la culture. Tout est doublé. Est-ce que la communication doit être différente entre la ville et l’agglomération ? Est-ce qu’il faut garder deux cabinets ou deux bureaux de ressources humaines ? On peut avoir des services uniques. Si l’on fait ça, on va pouvoir dégager une réorganisation du personnel qui pourra être affecté à d’autres tâches. Je ne dis que l’on mettra une personne de la DRH à la police municipale. Mais on peut proposer à certains services techniques, sur la base du volontariat, de devenir des policiers municipaux, puisque c’est là où l’on va recruter.

Ensuite, la ville de Montpellier a pour particularité d’accueillir 3.000 personnes par an. Donc ça suppose la création de services supplémentaires, qui se traduira par l’embauche de personnel supplémentaire. Le personnel existe : 4000 personnes à la mairie, 1500 à l’agglomération plus tous les systèmes annexes des Maisons pour tous et tout ce qui va autour, ça fait une population extrêmement dense, on ne va pas le licencier. Et l’on va faire en sorte que ce personnel-là assure la fonctionnalité de la ville pendant quelques années. Il n’y aura pas de licenciements, mais par contre on va sûrement freiner les emplois. Il est temps de le comprendre, parce que c’est dans ce personnel-là qu’aujourd’hui on crée des dépenses supplémentaires alors que l’on a déjà le personnel. Et ça veut dire qu’il faut une réorganisation. Je veux plus de monde au contact du citoyen. Ce n’est pas incompatible. Ça s’appelle de la gestion.

Si vous mutualisez par exemple la DRH, vous allez pouvoir mettre du personnel en moins parce que vous aurez besoin de moins de personnel pour gérer la ville et l’agglomération, par contre vous pourrez dégager du personnel au contact des services. Quand vous téléphonez aujourd’hui, vous n’avez personne au bout du fil. Et les gens ne peuvent avoir personne au bout du fil.

C’est donc une véritable réorganisation, pour le bien des salariés aussi. Parce que je peux vous dire qu’il y a un mal être à la mairie de Montpellier aujourd’hui, par manque de présence des élus, de Madame le Maire, du président de l’agglomération, d’un maire d’une petite commune qui n’a pas aujourd’hui le niveau pour prendre une agglomération qui fait 415.000 habitants et qui demain rassemblera 75 communes et non pas 31. C’est ça le projet.

Le projet que je veux est de construire un grand Montpellier. Le grand Montpellier, c’est quoi ? C’est une fédération des trois intercommunalités de Montpellier : celle de la ville, du Pic Saint-Loup et de l’étang de l’Or. Mais pour que ces gens mettent en commun des projets, il faut que la fiscalité soit uniformisée. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Si un habitant de Saint-Gély du Fesc paie 1.200€ pour sa taxe d’habitation et parce que du jour au lendemain on décide de fusionner en une intercommunalité plus large, une Métropole et qu’il se voit payer 1.800€, ça ne marchera pas. Donc il faut que l’on ait un projet comme au niveau de l’Europe, un projet de rééquilibrage. Et de toute façon, le gouvernement l’a dit, je ne suis pas inquiet pour ça : Lebranchu l’a dit clairement, on va réformer le mille feuille administratif, le mille feuille politique territorial pour faire en sorte que les bonnes intercommunalités, celles qui auront compris qu’il faut se réformer, ait des bonus et celles qui ne le font pas ait des malus. Ce qui veut dire que toutes les petites intercommunalités auront des difficultés pour rester seules. Est-ce que vous croyez que c’est normal que Montpellier n’ait pas un aéroport en son sein, c’est purement politique. Idem pour le tramway qui s’arrête à 800m de la mer et qui ne va pas jusqu’à la mer, c’est purement politique. Le tramway de la ligne 5 devrait aller à Saint-Gély du Fesc et pour des raisons politiques, il va de l’autre côté. Je crois que par les temps qui court où la notion d’intérêt général doit prévaloir, il est absolument indispensable que l’intérêt politique soit mis au second plan. Je ne dis qu’il ne faut pas d’intérêt politique, parce que le politique ne doit pas laisser le tout administratif. Aujourd’hui, ce n’est pas Moure qui gère son agglomération, ce sont quelques directeurs de cabinet avec quelques politiques et l’administration qui le font. La politique c’est un être humain et l’administration, c’est une machine. La différence est que l’homme doit reprendre sa place dans la ville.

6. Dans votre programme toujours, vous évoquez une baisse de 10% des impôts locaux en 6 ans. Comment êtes-vous arriver à ce résultat prometteur et comment comptez-vous vous y prendre concrètement alors que vous évoquez également de forts investissements dans le cadre d’un plan de « remise à niveau des infrastructures » ?

Je vais faire voter des taux qui vont faire diminuer, pas cette année parce que le budget est déjà voté, mais dès le prochain budget, la fiscalité de 2%. Il faut que vous sachiez que la baisse de la fiscalité de 2% n’entrainera pas de baisse des recettes fiscales. Parce qu’avec la démographie que nous avons, même avec cette perte de recette organisée, nos recettes fiscales vont quand même augmenter. Ce qui fera 10% sur le mandat.

À la fin du mandat, si l’on fait ça, on retombe dans la tranche haute de la moyenne. Aujourd’hui on a fait sauter le plafond : on est premier national sur le foncier bâti, deuxième national sur la taxe d’habitation. Alors qu’en plus l’Etat va supprimer des subventions qu’il accordait avant aux villes pour compenser les familles qui ne payaient pas la taxe d’habitation. À Montpellier, on a 25% de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les recettes fiscales de ces gens-là sont quasiment nulles, en dehors de la TVA. Jusqu’à présent, il y avait un phénomène de compensation de l’Etat notamment dans le cadre des amendements sociaux, familiaux. Ils vont faire 4,1 milliards d’économie sur ces subventions. Ce qui veut dire que des villes comme Montpellier vont être touchées, il va donc falloir le gérer au plus près. On va le dénoncer de toute façon. L’Etat est exangue. Le gouvernement veut transférer leur incapacité à réformer les dépenses publiques sur les collectivités, notamment les villes. C’est-à-dire le faire payer directement aux citoyens. Et on prévoit si cela ne cesse pas, qu’il y ait une explosion de la fiscalité locale. À Montpellier, vous avez 3.000 personnes qui ne paient pas d’impôts pour des raisons de revenu social faible. Aujourd’hui, on a un revenu par habitant qui est de 27% en dessous de la moyenne nationale et une fiscalité qui est parmi les plus hautes de France. Vous comprenez bien que le différentiel est très lourd. Celui qui paie l’impôt se fait massacrer. Il faut faire attention parce que ces gens-là comparés à des personnes modestes ont la capacité de changer de ville. Les plus modestes subissent. Il faut apporter de la plus value par l’arrivée des entreprises et donc des recettes supplémentaires.

Il faut donc baisser les taux à 10%, et grâce aux Montpelliérains qui arrivent, il n’y aura pas de perte de recettes fiscales. Ça passerait donc par une bonne gestion de la ville et de l’agglomération, par l’absence d’embauche de personnel supplémentaire, la re-motivation du personnel en leur donnant de vraies propositions de carrières. Quand une collectivité a 20% d’absentéisme, ça veut dire qu’il y a un mal-être et un problème d’encadrement. Et il va falloir l’annuler.

Il n’y a que moi qui peut le faire. Si c’est un socialiste, rien ne changera. Je suis le seul à pouvoir proposer des alternatives crédibles avec un changement réel.

7. Philippe Saurel a déclaré mardi 25 mars qu’il « resterait fidèle au vote des Montpelliérains, celui de la non-soumission à quelque parti que ce soit ». 

Comment faire basculer, selon vous, les votes en votre faveur sans forcément créer une alliance avec le Front national ?

Premièrement, la liste UDI qui était conduite par Joseph Francis a donné une consigne de vote pour rejoindre la mienne. Ça fait 4,5% de suffrages exprimés environ et l’on peut espérer que sur ces 4,5%, il y aura au moins 3% de report. Donc ça veut dire que l’on pourrait passer de 23 à 26% ; donc on passe en tête. On démarre en tête et ensuite ça va se jouer sur la campagne, les programmes et la personnalité.

Les Montpelliérains auront le droit de choisir entre 3 personnes : soit ils veulent garder le système et ils votent pour Moure, soit ils veulent un Canada Dry, qui est en fait un socialiste comptable du bilan et qui essaie de se cacher pendant toute la campagne et qui au nom de la transparence a menti puisqu’il est réellement socialiste et que ce sont les gardiens du temple qui ont dit non on ne peut pas s’allier à l’UMP. Et la dernière alternative est celle du changement. Il ne faut pas que les Montpelliérains aient peur. Ce serait la meilleure chose qui puisse leur arriver parce que nous sommes des modérés, des gestionnaires et des humanistes. Et les Montpelliérains doivent l’entendre.

8. Aucune alliance n’a été conclue avec le Front national ?

Non, j’ai parlé avec ses électeurs aujourd’hui. Je leur ai dit que la baisse de la fiscalité était aussi dans mon programme, que la tolérance zéro sur la sécurité était dans mon programme, que la lutte contre la précarité dans les quartiers était aussi dans mon programme. Sur certains points du programme, il n’y pas de grandes différences, à la différence près que nous sommes capables de le faire.

Si les électeurs FN sont objectifs, ils verront que mon programme dans le cadre de la fiscalité et de la sécurité comporte des mesures précises : 117 millions d’euro pour les ménages, 31 millions d’euro en moins pour les entreprises, soit 6 millions d’euro par an. J’ai calculé ce qu’allait entraîner la baisse de la fiscalité, On redonne du pouvoir d’achat, c’est ce que l’électorat du FN demande. On l’a prévu parce que c’est nécessaire. Les gens crèvent à Montpellier. On est la ville la plus fiscalisée de France et on est la ville dont les habitants ont un revenu de 27% inférieur par rapport à la moyenne nationale. Le différentiel est terrible ici, les gens souffrent.

Je me suis aussi adressé aux électeurs de Saurel. Je leur ai dit : vous avez cru un instant qu’une alliance dont vous rêviez était possible, mais Saurel n’a pas eu le courage de le faire parce qu’il est bridé par le parti socialiste.

Et je me suis enfin adressé aux électeurs de Moure en leur disant : je comprends que c’est difficile pour vous de soutenir un candidat qui a fait 25 points de moins que la candidate de 2008 alors qu’elle n’avait pas les Verts à ses côtés. Sans les Verts, il est à moins de 20%.

Donc aujourd’hui, il n’y a une énorme dispersion de voix sur les mécontentements. Le Front en a récupéré, Saurel en a récupéré parce qu’il était masqué, j’en ai récupéré et bien sûr les partis annexes en ont récupéré. Les Montpelliérains doivent comprendre que le vrai changement passe par Jacques Domergue, élu UMP de Montpellier et c’est gagné.

9. Les électeurs du FN ont-ils reçus des consignes de vote ?

S’il y avait eu alliance avec le FN, ça aurait été mis au grand jour. Il y aurait eu des gens de la liste FN sur ma liste, j’aurais été exclu de la liste UMP. Il n’y a rien eu de tout ça. La gauche est capable de faire des points par rapport aux affaires, à Sarkozy. Qui a la capacité de gérer cette ville ? Qui est en situation de gérer Montpellier ? C’est ça le vrai enjeu et aujourd’hui, je crois avoir démontré que par mon programme, ma liste, ma vision de la ville et l’avenir de la ville pour les Montpelliérains, je propose le renouveau. Je suis la seule alternance, la seule fin du système. Si Moure est élu, le système perdure. Si Saurel est élu, le système sera encore là parce que les socialistes seront derrière. Saurel signe la charte Anticor alors qu’il n’aurait pas dû la signer parce qu’il est cumulard à trois niveaux et qu’il défend le non cumul des mandats. Mais où est la transparence ?

10. Vous comptez sur la clairvoyance des Montpelliérains et sur l’alternative voulue pour mettre à bas le système Frêche depuis 40 ans ?

Oui, c’est ça.