A.véron président du Parti Libéral démocrate

A.véron président du Parti Libéral démocrate

Introduire de la concurrence dans le monde des idées politiques : telle est l’ambition d’Aurélien Veron, du Parti Libéral Démocrate, un parti créé en 2008 qui compte un peu moins de 1500 adhérents, et une cinquantaine d’élus. Pour ce salarié, la France paye cher la professionnalisation de la politique, qui devrait être un engagement de conviction, accessoire et temporaire.

Le Cercle des libéraux : Face à la montée des extrêmes de gauche comme de droite, quelles sont les valeurs du parti Libéral démocrate ?

Aurélien Véron: « Nous sommes partisans du développement des initiatives individuelles : il y en a énormément dans le domaine de l’école, des assurances santé, du caritatif, de la recherche. La liberté c’est aussi le droit de s’exprimer librement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. L’extrême gauche et l’extrême droite tentent au contraire de restreindre nos libertés au nom de la sécurité alors que la première des sécurités, c’est la liberté. Le deuxième axe qui nous importe est l’ouverture sur le monde. Les Français onttous les talents nécessaires pour profiter des opportunités que le monde nous offre. Mais contrairement aux autres pays, il sont entravés par des boulets. En particulier celui du modèle social français qui nous coûte extrêmement cher, nous empêche d’être flexibles et de jouer cette concurrence normalement ».

Le CDL: Les problèmes actuels sont-ils liés à la République ou à la France ?

A.V : « Ils sont liés à l’Etat providence Le modèle social français prétend protéger les Français mais au final, il les étouffe. Ce ne sont pas les dangers qui asphyxient les citoyens mais les bras de cet Etat providence. Nous vivons dans un système condamné financièrement : les déséquilibres de la retraite vont exploser, la sécurité sociale est déficitaire et entraîne un déclin de notre système de santé. Ce système a inhibé les bons réflexesdes Français face aux difficultés, et les a transformés en assistés ».

Le CDL: Il y a eu le mouvement des pigeons, celui des poussins, beaucoup de revendications sociétales avec le mariage pour tous. Comment expliquer que le mouvement n’ait pas su profiter de la situation pour se placer sur la scène médiatique ?

A.VS : « Plusieurs responsables de ces associations sont au Parti libéral : Denis Jacquet, président de Parrainer la Croissance, a participé au mouvement des pigeons, ou Christian Couturier, l’un des animateurs de Liberté sociale. Nous avons choisi de laisser ces mouvements populaires rester apolitiques. Le Parti Libéral Démocrate est à peu près le seul parti à se retrouver dans les contestations de la société civile et à offrir des propositions constructives. Notre projet s’inspire de réformes mises en œuvre avec succès dans d’autres pays,mais adaptées à notre terroir. En France, nous sommes hélas les seuls à défendre une vraie refondation de notre modèle économique et social, mais je remarque que certaines de nos idées ont été reprises par d’autres partis ; je pense notamment aux seuils sociaux des PME. En 2011, nous étions pris pour des dingues lorsque nous avons proposé de relever ces seuils de 10 à 100 et de 50 à 250 salariés pour favoriser la croissance des PME et l’emploi. Aujourd’hui, François Rebsamen et quelques responsables de l’UDI les défendent ».

Le CDL: Auriez-vous voté la loi macron si vous aviez été à l’assemblée nationale .

Il s’agit d’une loi modeste, mais elle va dans le bon sens. C’est suffisamment rare pour qu’elle soit soutenue. Donc si j’étais député, oui, je la voterais. La France souffre d’une absence de concurrence ouverte. Cette loiapporte non seulement de la liberté pour créer des entreprises et des emplois dans des secteurs qui sont aujourd’hui protégés, elle va simplifier la vie des employeurs et par répercussion celle des salariés, c’est le cas des prudhommes. Enfin, elle va aussi faciliter le quotidien des consommateurs, je pense notamment au secteur des transports ».

Le CDL: Le Parti libéral-démocrate sera-t-il en mesure de présenter un candidat pour les prochaines présidentielles ?

« C’est prématuré pour le dire mais nous y travaillons tous et j’espère bien que nous aurons un candidat en 2017 ».

Propos recueillis par Magali Barthès

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