Il n’y a pas d’ethnie ou de race française. Au cours des siècles, la France, mélange de peuples, n’a cessé d’intégrer, d’assimiler les populations des provinces nouvellement acquises puis, à partir du milieu du XIXe siècle, les réfugiés et immigrés, certains venant des colonies d’Afrique et d’Asie. Cette acculturation ne s’est pas toujours faite dans la douceur. La monarchie a été brutale avec les autonomismes locaux ; de la Révolution à la guerre de 1914, la République a broyé avec une âpre vigueur les langues et les patois régionaux. Toutes deux, cependant, ont laissé subsister une dose légitime de particularismes, à la seule condition qu’ils n’entravent pas l’unité nationale. D’où la richesse, la diversité des singularités régionales et la solidité de la nation.

Sans être des structures flexibles, ces piliers s’accommodent en effet de certaines tensions : l’État unitaire admet des formes de décentralisation modérées, à condition qu’elles n’aillent pas jusqu’au fédéralisme ; l’assimilation des étrangers ne se donne pas pour objet d’éradiquer leurs racines culturelles ou religieuses, à condition de ne pas verser dans le communautarisme… C’est dans ces tensions maîtrisées que réside peut-être le génie de notre pays, comme les jeux de force des piliers et des arcs-boutants d’une cathédrale.

Bref, ce sont ces cinq piliers ou si l’on préfère ces cinq marqueurs de l’identité française qu’il convient de découvrir dans les replis du temps, mais qui, aujourd’hui, paraissent fortement érodés par la crise existentielle que traverse notre société depuis les années 1970-1980. Ils nous serviront de fils conducteurs1

Extrait de l’Histroire de la FRANCE