Nous autres modernes n’avons qu’une mince idée de l’indéfectible attachement des hommes à l’élément végétal depuis les temps les plus reculés.
Partout, dans les campagnes et à la ville, on s’adonnait avec le plus grand soin qui, à son potager, qui, à ses fleurs et ses arbres.
Mais, après Linné et Rousseau, il n’est pas de plus grand ami des jardins que Goethe dont on n’a souvent retenu que le « Faust » ou « Les Affinités électives » connus à l’écran.
C’est le 21 avril 1776 que le jeune Goethe, habitant de Weimar, à la fois poète, écrivain et ministre de l’exploitation des mines et des forêts pour le duc Charles-Auguste, acquiert un terrain en friches aux abords de la ville et, à compter de cette date jusqu’au 6 mars 1832, -il meurt le 22-, il consignera minutieusement dans un journal ses observations, ses expériences, ses modifications apportées au tracé d’une allée, à un monticule pour le plus grand plaisir de ses visiteurs : la duchesse Louise, la duchesse-mère Anna-Amalia, les écrivains Schiller, Wieland, Herder et, surtout, Charlotte von Stein que l’on retrouve parmi les héroïnes de Goethe, « Iphigénie » en particulier.
Et de tous ses moments passés au jardin, ses promenades en compagnie d’enfants, d’Ottilie sa belle-fille, de louveteaux, la plantation de chênes, la réception de Nouvelle-Zélande de boutures de plantes, Goethe, botaniste à Iéna, touvera matière à « L’Essai sur la Métamorphose des Plantes » et « Formes et Structures des Plantes », intégrés aux manuels de botanique et encore traduits cette année 2016.

D.LEFEBVRE
Adhérente au Goethe Institut