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Ce vendredi matin, de nombreux membres du club du troisième âge du Petit-Palais montent dans un car avec quelques autres personnes pour un voyage à Arzacq, dans les Pyrénées-Atlantiques. Le départ s’effectue très tôt à Petit-Palais-et-Cornemps, une petite commune située en Gironde. Mais quelques minutes plus tard, sur la départementale 17 de Puisseguin, le bus entre violemment en collision avec un camion. Les deux véhicules s’enflamment. Selon les dernières informations, 41 ou 42 personnes à bord du car seraient décédées dans l’accident. La présence d’un passager supplémentaire n’a pas encore pu être établie avec certitude, la liste des personnes à bord du bus ayant brûlé. 8 personnes ont toutefois survécu mais 4 sont grièvement blessées souffrant pour deux d’entre elles de graves brûlures et d’un traumatisme crânien pour les deux autres. De l’autre côté, dans le camion, les dégâts sont similaires. Le chauffeur et son petit garçon de trois ans ont aussi trouvé la mort sur cette départementale 17. L’extraction des corps calcinés a débuté ce samedi mais devrait prendre 3 jours. « L’enquête s’annonce longue, plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour identifier à proprement parler les victimes », a déclaré le Colonel Ghislain Réty.

Les circonstances exactes du drame encore inexpliquées

Depuis vendredi, un sentiment d’incompréhension se fait ressentir autour du drame. Comment le car a-t-il pu s’enflammer aussi vite ? Interrogé par l’AFP, le président de la Fédération nationale des transports de voyageurs est stupéfait. « Un car, ça ne brûle pas à cette vitesse », avait-il déclaré. D’après l’enquête en cours, le réservoir de carburant du bus Mercedes Tourismo ne pouvait pas être touché dans un accident frontal, comme celui qui s’est déroulé ce vendredi. En revanche, le camion, un grumier pour transporter du bois, présente plusieurs réservoirs, « et notamment une réserve importante d’huile hydraulique pour la grue, qui semble être très inflammable », a expliqué Michel Seyt. A priori, ce serait effectivement un réservoir du camion, endommagé par l’accident, qui aurait provoqué l’incendie mais le président de la Fédération nationale des transports de voyageurs se montre toutefois « très interrogatif ». D’autres questions se posent quant aux circonstances de l’accident en lui-même. Le camion qui roulait à vide allait-il trop vite ? C’est l’hypothèse sur laquelle travaillent aujourd’hui les enquêteurs. Mais sur cette route départementale et sinueuse, les risques se cumulent. Bien connue des habitants de la région, la D17 est en effet particulièrement dangereuse. Etroite (5 mètres de large environ), le passage de deux gros véhicules (comme un camion et un bus) est délicat et doit se faire avec une vitesse adaptée. L’approche de l’hiver n’arrange rien. « En ce moment, avec les feuilles qui sont tombées et l’humidité, la chaussée est glissante. Quand on passe par là, on fait toujours très attention, surtout en automne. », témoigne une habitante.

Deuxième accident le plus meurtrier en France

Avec 43 décès, il s’agit du deuxième accident de bus le plus dramatique après celui de Beaune en 1982. Cette année-là, dans la nuit du 31 juillet au 1er août, un ralentissement de la circulation survient sur l’autoroute A6. Sur cette route, trois voitures roulant à vive allure se rabattent sur la voie de droite entre deux autocars. Les conditions sont mauvaises à cause de la pluie. Le premier bus réussit à s’arrêter sans trop de difficultés mais le second, arrivant à faible vitesse, ne parvient toutefois pas à se stopper. Il percute une des voitures, dont le réservoir s’éventre. Cet accident était en lui-même particulièrement tragique par son nombre de victimes mais le pire était de savoir que les deux autocars transportaient des enfants d’une colonie de vacances vers la Maurienne. 53 corps sans vie seront retrouvés dont 44 enfants, un terrible drame qui marquera à jamais la région.

Suite à cet accident, il est désormais interdit de transporter des enfants en bus pendant les jours de grands départs. Cette catastrophe a également conduit à la réduction des limitations de vitesse sur l’autoroute par temps de pluie.

A.U