gerard

Gérard Escougnou, l’expressionniste abstrait, l’homme des couleurs et des puissances telluriques, celui que l’on rencontre dans le bruit et la fureur, au détour de sa pudeur, et pour lequel il faut se garder de tout jugement hâtif, tant sont nombreux les facettes qui émaillent la surface de ses toiles trempées dans la sueur de son humanité brute.

Gérard Escougnou, le constructeur, peint avec ses doigts, avec sa force, avec son ventre, avec ses couilles, et met toute sa force de constructeur dans un face-à-face violent avec la matière d’où jaillissent fulgurances, frémissements et purs moments de poésie. Gérard Escougnou, l’ours qui déchire, broie, réduit en poudre et réinvente, tord et dissout les formes, anéantit sans pitié ce qu’il rate et invente sans relâche des mondes de tâches et de coulures, d’éruptions pourpres et de forêts tourbillonnantes un monde vert, noir, rouge, dont l’organicité rend l’être de chair à ces instruments primitifs Gérard Escougnou l’équilibre des forces contraires, violence, beauté, poésie force, vanité, espoir, chagrin, fierté, défiance, pudeur, brutalité, intelligence, raison expérimentation, esthétique… une peinture sans jugement dont la mesure est traduite par notre regard étonné devant tant d’effervescence et de tension fragile : vie pure qui jaillit, vrombit et se brise en de frémissantes arabesques. »

Frédéric Elkaim, professeur à Drouot