LZ

 

 

Alors que l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques annonce le lancement d’un rapport pour étudier des technologies autres que celles de la fracturation hydraulique, il est intéressant de faire le point sur les politiques conduites par nos voisins européens, grâce à la Note de Benchmarking N°14, publiée en décembre dernier par l’Institut Thomas More

Affirmer que le XXIe siècle est en train de connaître une révolution énergétique est devenu un lieu commun. Il suffit de rappeler les débats passionnés sur l’échéance de l’épuisement des ressources fossiles, les préoccupations liées au changement climatique ou simplement l’apparition d’une classe moyenne se comptant par centaines de millions de personnes dans les pays émergents et qui rejoignent les standards de consommation des pays occidentaux, pour s’en convaincre.

Dire que, partout sur la planète, de l’Amérique du Nord à la Chine, de l’Afrique à la Russie et à l’Asie centrale, la révolution énergétique a commencé est également assez fréquent. Parce que la consommation explose en même temps que les coûts sont appelés à croître irrémédiablement, parce que les tensions géopolitiques liées à l’énergie ne sont pas prêtes de diminuer, parce que la maîtrise technologique est un enjeu clé pour l’avenir, c’est en effet un mouvement à l’échelle mondiale qui est en marche.

Montrer qu’une cause profonde de cette révolution vient du développement du gaz non-conventionnel, qui est en train de bouleverser le marché mondial, est déjà plus intéressant. Alors qu’aujourd’hui plus de la moitié des réserves de gaz conventionnel se répartissent entre quelques pays majeurs, la géographie des réserves de gaz de schiste laisse deviner une redistribution des cartes radicale. Ainsi la Chine, dont les besoins sont considérables, espère-t-elle pouvoir augmenter sa production (donc son indépendance) grâce au gaz de schiste. La Pologne, elle, disposerait de réserves nécessaires pour devenir un producteur de gaz significatif. Quant aux États-Unis, dont la production était de 55 milliards de mètres cubes en 2008 et est attendue à 260 milliards de mètres cubes en 2012, on anticipe déjà un impact majeur de cette révolution sur leur politique étrangère… donc sur l’équilibre du monde entier.

Alerter sur la difficulté de la situation européenne est sans doute plus utile. Aux enjeux qu’on vient de citer, et auxquels elle est confrontée comme les autres zones du monde, il faut en effet ajouter la « sortie du nucléaire », ou au moins sa réduction, qui prendra sans doute plusieurs décennies mais qui paraît rallier de plus en plus de pays, dans l’équation énergétique que l’Europe a à résoudre… Pas simple ! D’après l’Energy Information Administration (EIA) américaine, l’Europe disposerait de près de 18 000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste techniquement récupérables dans ses sous-sols. Nous n’ignorons pas toutes les réserves qu’il faut avoir sur les chiffres de cette étude américaine, qui a fait couler beaucoup d’encre – nous y revenons plus loin. Mais elle a permis, jusque dans les excès de ses estimations, d’ouvrir le débat sur ce que l’exploitation de ces réserves pourrait, ou non, changer sur le Vieux continent.

Car c’est peu dire que la question du gaz non-conventionnel, et donc du gaz de schiste, fait débat dans les pays européens ! Inquiétudes environnementales et promesses d’une énergie à bas coût rivalisent parfois jusqu’à la caricature… Pourtant chaque situation est différente et les pays européens n’en sont pas tous au même point de maturité, loin s’en faut. Ainsi, alors que les autorités françaises, par exemple, envoient des signaux contradictoires tout en maintenant une opposition de principe, d’autres pays, comme la Pologne, s’engagent, avec prudence mais détermination, sur la voie de l’exploration et de l’exploitation d’une ressource potentiellement riche d’avenir. Fin novembre 2012, le Parlement européen a, de son côté, rejeté un amendement proposant d’interdire la fracturation hydraulique dans l’Union européenne.

Retrouvez la suite de l’article sur http://www.institut-thomas-more.org