La complexité du G7 présidé cette année par la France aura été dans tous les esprits depuis de nombreux mois.

Après une année militante, où le jaune a occupé tous les esprits, les enjeux sécuritaires étaient d’abord une priorité. D’autant que les mouvements altermondialistes sont très actifs et organisés ainsi que le démontre le contre-G7 où s’est rassemblée l’extrême gauche contre le libre-échange.

Un contexte géopolitique éclaté

Sur le fond, le contexte géopolitique dans lequel le G7 s’est déroulé est particulièrement tendu : alors que Donald Trump s’acharne à démonter le multilatéralisme et affaiblir autant que possible l’Union européenne, le Premier ministre britannique prend ses marques pour son premier rendez-vous international d’envergure et démarre un ultime bras de fer avec les 27 autres Etats membres dans le cadre du Brexit. Dans ce contexte, les partenaires européens apparaissent en piètre posture : Angela Merkel, dont la fin de mandat se profile, représente une Allemagne désormais en position économique moins favorable que par le passé. Giuseppe Conte, chef du gouvernement italien démissionnaire expédiant les affaires courantes, ne permet donc pas à l’Italie d’avoir son pouvoir d’influence traditionnel. Restent deux alliés traditionnels pour la France, que sont le Canada et le Japon, sur lesquels Emmanuel Macron sait pouvoir compter.

Une position française diplomatique axée sur la médiation

Quelques jours avant le début de ce G7, le Président Macron a rappelé la tradition diplomatique de la France, insistant sur la liberté traditionnelle du peuple français, permettant ainsi de tenir une position de médiation. Si les ennemis de nos alliés ne sont pas nécessairement nos ennemis, alors la France peut jouer un rôle structurant d’ouverture diplomatique permettant à ce nouveau monde géopolitique éclaté de continuer de se parler. C’est précisément l’intérêt de ce type de réunions informelles. Ces moments privilégiés de discussion ont une valeur intrinsèque dans un monde de plus en plus chahuté.

Des enjeux multiples pour des dossiers brûlants

Lors de sa courte allocution télévisée précédant l’ouverture officielle du G7, Emmanuel Macron a rappelé les trois principaux enjeux du week end. En premier lieu, la paix à assurer dans le monde justifie que les dossiers iraniens, syriens, libyens ou ukrainiens soient abordés, avec pour objectif opérationnel l’obtention d’accords utiles. En deuxième lieu, l’économie mondiale est au cœur des préoccupations pour œuvrer pour une vraie relance fondée sur l’innovation et le réinvestissement, sur fond de tensions sino-américaines particulièrement néfastes pour l’ensemble de la communauté économique mondiale. En troisième et dernier lieu, la lutte contre les inégalités est le thème spécifique de réflexion et d’action de ce G7. Ce dernier point se décline notamment en matière économique et climatique : par le biais d’une économie plus juste portée par des investisseurs et des entreprises prêts à s’engager pour plus d’égalité et un meilleur partage de la valeur ajoutée… et par le biais de la lutte pour l’océan et pour la forêt avec les actions à mener pour aider l’Amazonie en feu et investir dans la reforestation

Réveillons Notre Europe

Une nouvelle méthode pour Emmanuel Macron


Plus que tout, un tournant nouveau semble avoir été pris par Emmanuel Macron

En effet, il a souhaité commencer à associer aux réunions préparatoires à ce G7 la société civile, les entreprises, les ONG et le secteur associatif. C’est un premier pas, à saluer, mais la route est encore longue pour que toutes les parties prenantes se sentent véritablement prises en compte durablement. Méfions-nous également du risque de « green washing » et de bonne conscience parfois achetée un peu rapidement.

De même les invitations des pays de bonne volonté permettent de maximiser les chances de trouver des pistes d’amélioration concrètes et l’arrivée non anticipée du ministre iranien des affaires étrangères sera vue comme une initiative audacieuse du président français.

Enfin, c’est l’idée même que le Président de la République vienne régulièrement rendre compte des avancées du G7 qui constitue en soi une nouvelle approche. Une humilité appréciable laissant espérer une possibilité d’apaisement avec des citoyens souvent heurtés par une attitude présidentielle clivante.

Pour conclure, ce G7 qui était pourtant vu comme un G7 brûlant est jusque là une réussite pour la France, à la fois pays hôte et diplomatique. Au-delà des positionnements politiques des uns et des autres, on ne peut, pour notre pays, que saluer une séquence plutôt réussie et audacieuse ouvrant de nouvelles pistes de réflexion et d’actions concrètes. Et n’oublions jamais que les réunions géopolitiques ont une implication directe dans la vie des Français tant sur le plan sécuritaire, qu’économique ou culturel. Que ceux qui les critiquent par principe s’en souviennent.


Alexia Germont

Fondatrice et présidente du think tank de la société civile France Audacieuse et du mouvement Nous citoyens, auteure de « Réveillons Notre Europe »