Et si nous proposions aux éditeurs de grammaire française ces exemples de futur antérieur ?

« Quand Monsieur Hollande aura carbonisé son premier ministre, il dissoudra l’assemblée nationale » ; « Quand il aura dissous cette dernière, la France deviendra la Grèce. ». Quand la France deviendra la Grèce… Impossible d’imaginer ce futur antérieur, en dehors du cauchemar.

La Grèce : le 4 octobre 2009, les socialistes accèdent au pouvoir. Onze jours après leur arrivée, ils révèlent l’état économique du pays et annoncent des réformes, encore le font-ils avec retenue. A la crise économique vient s’ajouter une crise sociale. En 2011, Monsieur Papandréou propose au parti conservateur la constitution d’un gouvernement d’union national, après avoir lui-même démissionné.

La France : Sous la pression de nombreux socialistes nourris d’utopie, ainsi que sous celle de la traditionnelle extrême-gauche, la majorité devient chancelante. Le président dissout l’assemblée nationale pour « passer la main » dans l’espoir que la droite ne fera pas mieux et que deux ans seront suffisants pour que la gauche soit exonérée de ses échecs.

Toutefois, cette hypothèse ne peut pas prospérer, car il est illusoire de concevoir une situation de cohabitation comme celle de MM. Chirac et Jospin. M. Hollande serait conduit à la démission par une nouvelle assemblée farouchement hostile, ou à accepter un rôle de représentation pendant les quelques mois qui le séparent de l’échéance officielle. Il laisserait ainsi dans l’histoire la trace de l’échec, mais éviterait celle de l’opprobre du fossoyeur de la France. N’annonce-t-il pas déjà son futur antérieur : « Si le chômage ne baisse pas, je ne serai pas candidat à ma réélection » ?

Alphonse Aulard (historien) déclarait en 1885 à un journaliste : « que la république était belle sous l’Empire ». M. Hollande avouerait volontiers, dans un soupir, que la gauche était belle sous M. Sarkozy !

Mais la République peut-elle encore être belle ? « Le présent n’est plus ce qu’il était et l’avenir n’est pas ce qu’il sera ». Ceci signifie que pour les nostalgiques, le temps présent ne vaut pas le temps des 30 glorieuses, et pour les pessimistes, que nous ne vivrons plus jamais des lendemains qui chantent.

G.Levy