IPO françaises contre IPO américaines. Alors qu’aux Etats-Unis, les entreprises introduites en bourse sont toutes issues d’anciennes startups de la tech, en France, on en est encore à mettre en bourse nos entreprises publiques historiques…

D’ici la fin du mois, la Française des Jeux fera son apparition dans un des indices boursiers français (le SBF 120 et si la valeur est choisie par le Comité, le CAC 40). Depuis 2007, leur nombre a diminué  Les actionnaires recevront une action gratuite pour 10 achetées. Or, le minimum de souscription est de 200 euros donc il n’est pas possible d’acheter moins de 10 actions. Est-ce que cela suffira pour réconcilier les Français avec la bourse ? 

La FDJ est en tout cas une entreprise à part. Parce que c’est une entreprise de jeu, et que le jeu peut causer l’addiction. La FDJ touche actuellement 25 millions de clients. Par le biais d’un accord avec l’Etat, l’entreprise possède une exclusivité sur les jeux pendant encore 25 ans. Elle est donc en situation monopolistique sur son créneau, les jeux et paris sportifs en points de vente physique (et non en ligne), contre une redevance de 380 millions d’euros pays en retour à l’Etat chaque année. La FDJ est donc protégée des concurrents sur son créneau, mais surtout des concurrents étrangers qui auraient bien aimé venir sur ce marché.

Le capital ouvert en bourse sera de 52%. La moitié du capital devient donc flottant, mais l’Etat conserve un statut de premier actionnaire avec 20%. Les associations d’anciens combattants, actionnaire original pour une entreprise mais lié à l’histoire de la loterie nationale, conservent leur place de deuxième actionnaire avec un peu plus de 9%.

D’après la fourchette de prix par action donnée par Bercy (de 16,17 à 19,50 euros), la FDJ pourrait être valorisée entre 3,15 milliards et 3,8 milliards d’euros. Les 52% vendus en bourse permettront de récolter quelques 2 milliards d’euros, qui seront dirigés vers le fonds dédié au financement de l’innovation.