A 9h30, la cloche a sonné dans la salle des marchés d’Euronext, la place boursière de Paris. La FDJ peut maintenant commencer sa véritable histoire boursière
Mais c’est aussi aujourd’hui que l’entreprise FDJ va officiellement devenir privée, puisque les titres mis en vente appartenaient à l’Etat et que celui-ci baisse la participation qu’il détient dans la FDJ, de 72% à 20%. Avec 20%, il reste le 1er actionnaire mais l’entreprise devient privée.

Parmi les acheteurs de ces 52% de capital, on retrouve des particuliers, qui représenteront 40% du capital levé
C’est plus que ce qu’espérait le gouvernement. C’est un succès parce que depuis 2008, les Français ont la réputation de bouder les marchés boursiers et les nombreuses communications de la FDJ, papiers des médias et spots TV elle-même (les banques n’ont plus le droit de démarcher les clients directement) ont eu un impact.
Mais les investisseurs institutionnels, les professionnels de l’investissement, ne sont pas en reste. Eux ont largement participé à l’opération, puisque dès le lendemain du début de la période permettant de réserver des actions, la part qui leur était réservée avait été entièrement souscrite. En tout, c’est près de 11 milliards d’euros qui ont été mis sur la table pour réserver des titres. Bien
La demande de titres, comme cela arrive lors d’une pré-vente, a été plus élevée que ce qui était réellement disponible (99 millions d’actions). Certains n’auront finalement peut être pas autant d’actions que ce qu’ils en avaient réservés mais l’Etat devrait honorer toutes les demandes jusqu’à 2000 euros. Au dessus de ce seuil, le montant alloué sera réduit.

Le prix définitif pour cette souscription Bruno Le Maire l’a annoncé hier.
19.90. On est resté sur le haut de la fourchette, qui allait de 16.50 à 19.90 euros. Puisqu’il y a eu une très forte demande, le gouvernement s’est permis de fixer un prix haut. 

Au total, les actions revendues rapporteront donc à l’Etat un peu plus de 1,88 milliard d’euros mais l’Etat récupère aussi une compensation de 380 millions d’euros, payée par la FDJ pour sa situation de monopole sur le marché de la loterie et des paris, hors paris sportifs en ligne.
Surtout que le secteur du jeu, c’est un secteur qui n’est pas soumis au cycle économique, les joueurs sont même plus nombreux à jouer en temps de crise.
L’Etat récupère lui un peu moins de 2 milliards d’euros, de l’argent qui servira à financer des investissements d’innovation via un fonds spécifique.
C’est évidemment très honorable mais c’est à contre balancer avec ce qui se passe actuellement sur les marchés. Dans une période de taux bas, la France, quand elle emprunte, le fait à taux négatifs, à coût 0. En revendant ses parts, l’Etat fait une croix sur 3.5% de dividendes par an, ce que lui versait la FDJ. En économie, on appelle ça un coût économique.