Nous verrons ce soir ce qu’il en sera réellement, mais depuis une semaine que les résultats du premier tour de la première Primaire de la droite sont connus, François Fillon est sur toutes les lèvres comme le renouveau du libéralisme français. Passons sur cette erreur d’analyse reposant sur l’oubli que le véritable libéralisme est incompatible avec tout homme politique, Fillon comme les autres.

Une manière un peu originale d’illustrer l’écart des sujets de cette campagne avec d’authentiques thèmes  libéraux pourrait consister à se souvenir des ouvrages Libres ! et Libres !!, sortis en 2012 et en 2014, chacun grâce aux contributions bénévoles de 100 auteurs d’horizons variés, mais tous partageant la conviction que la Liberté est la seule voie d’avenir pour ce monde. On va le voir, la table des matières de Libres ! offre à elle seule assez d’éléments pour replacer Fillon à sa juste place.

Pour commencer sur une note positive, accordons à Fillon le courage d’aller sur le terrain d’un affichage franc et assumé d’une conviction se voulant libérale. Libres ! se faisait déjà témoin de ce net rejet français de la véritable liberté sur la scène politique et sociale à travers quatre articles : « Le Libéralisme, Gros Mot en France », « La Propagande Antilibérale », « La Droite Française est-elle Libérale ? », par le Professeur Serge Schweitzer. Et surtout, un sujet cher aux libertariens : « Le Libéralisme Peut-il Être « Ultra » ? », qualificatif affublé à Fillon et qui montre combien la haine de la liberté anime l’oligarchie étatico-socialiste de ce pauvre pays.

L’angle économique est certainement celui qui est le plus fort chez Fillon, celui qui fonde la logique de son programme. Comme Libres !, il dit vouloir « Libéraliser le Marché du Travail » et recherche semble-t-il à la fois « Liberté et Développement Économique ». Pourtant, parlant des retraites dont il souhaite l’uniformisation des régimes, il ne va pas jusqu’à affirmer : « Retraites, ou l’Avenir en Servitude ». Et quand il traite des causes du chômage, il n’ose pas encore affirmer le « Le SMIC Français, Antisocial ? » ni rappeler que « L’État Prend la Moitié de Votre Salaire ».

Et pour finir d’enfoncer le clou, si Libres ! traitait de « L’Inculture Économique des Français », si heureusement on n’a pas eu droit à « Relance et Dépense Publique », elle semble néanmoins s’exprimer aussi chez Fillon, car à aucun moment il ne nous parle de « L’Imposture de l’Euro ».

Enfin, si lui aussi se demande ouvertement si « 94% des Journalistes de Gauche ? », nombreux sont les sujets sociaux de fond qu’il ne semble pas prêt à aborder, sans réponse à la question « Vers Quelle Société Évoluer ? », et encore moins à « Des Élus, pour Quoi Faire ? ».

Voilà juste un florilège de titres parmi les 100 de Libres ! – et sans même aborder ceux de Libres !! – qui donnent une rapide idée du libéralisme très relatif des hommes politiques en ce pauvre pays, même ceux dont il faut reconnaitre et saluer le courage de se présenter sous cette bannière.

S. Geyres