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Si « intégration « et « insertion » font penser à une incorporation, on ne sait plus au juste de quelle incorporation il est question avec l’ «intégration moderne ». En y réfléchissant bien, s’intégrer, dans l’esprit français, n’est-ce pas renoncer à ses liens antérieurs, à sa culture d’origine ? « Cette République est jalouse, dit quelque part mon collègue Alain Berto. Elle ne partage pas. » … Alors, elle

assimile, c’est tout ce qu’elle sait faire. Entre l’intégration et le communautarisme, peut-être faudrait-il inventer, non pas le communautarisme (qui existe déjà, nous l’avons vu), mais le « communautalisme » que l’on pourrait définir comme la conciliation de la loi républicaine et du respect des communautés, tant il est vrai que nul ne doit être contraint à renier ses origines ni à renoncer à sa culture personnelle, ce que résume fort bien Abdelkrim, jeune du « 9-3 » : « Je suis français, mais j’ai deux cultures. J’ai

l’impression qu’on me montre un clone en me disant : « Tu dois ressembler à ce clone ». Mais moi je veux garder mes deux cultures ». Assurément, « s’intégrer, ce n’est pas se cloner. Pour participer à la République, il faut être convaincu qu’on peut la faire évoluer, qu’elle n’est pas figée ».