M. Macron, ex-banquier chez Rothschild, ex-ministre de l’Economie de François Hollande, éminent représentant de la bourgeoisie urbaine, aime les riches, cela ne fait aucun doute. Il aime aussi les richesses. L’argent est d’ailleurs à ses yeux le critère de la réussite dans la vie ; il l’a dit naguère aux jeunes, c’était en janvier 2015, leur conseillant même d’avoir envie de devenir milliardaires. Le projet de construction d’une piscine au Fort de Brégançon, résidence des Présidents, (qui a pourtant les pieds dans l’eau !) en est une nouvelle illustration. M. Macron aime aussi le faste. Son intronisation majestueuse dans la cour du Louvre, ses rencontres politiques solennelles au château de Versailles, ses « poses » de « monarque républicain » sont des signes manifestes de son goût pour les dorures.
Parce qu’il aime les riches, M. Macron leur fait des cadeaux – soit la coquette somme de 150 milliards d’euros par an – hors fraude et évasion fiscale ! L’aide et les minimas sociaux, qui aux yeux du président représentent un « pognon de dingue », coûtent seulement la moitié de cette somme, soit 70 milliards d’euros par an. On ne s’étonnera pas, dans ces conditions, de voir s’aggraver les inégalités sociales en France : il faut savoir qu’aujourd’hui les 500 Français les plus riches gagnent 1 600 fois plus que la moyenne des Français les plus pauvres.
Premiers cadeaux : les niches fiscales. Selon une enquête parlementaire de 2010, ces niches équivaudraient à une perte de recettes fiscales de l’ordre de 100 à 120 milliards d’euros. Si l’on y ajoute le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et le Pacte de responsabilité, la perte totale atteint probablement le chiffre de 150 milliards d’euros.
Seconds cadeaux : les baisses de fiscalité – une tendance constante à vrai dire depuis le milieu des années 1980. C’est notamment la suppression de l’ISF (impôt sur la fortune) ou de l’« exit tax ».
Naturellement, M. Macron se défend de faire des cadeaux aux « nantis ». S’appuyant sur la théorie du « ruissellement » – même s’il en conteste l’idée -, il explique que l’argent donné aux riches, qui leur permet de faire des investissements, à terme donc créateurs d’emplois, profitera aux autres catégories de population. C’est la vision traditionnelle du capitalisme – il suffit de relire les écrits de Marx à ce sujet.
Emmanuel Macron, qui a trompé les Français en faisant croire qu’il n’était ni de gauche ne de droite, que ces clivages étaient dépassés, est un vrai homme de droite – qui s’ignore peut-être. Mais il n’y a pas de honte à être de droite : c’est un droit démocratique élémentaire.
Tout, en réalité, chez cet homme, tout dans les idées distillées ici ou là – sous forme de petites phrases -, tout dans la démarche, toujours minutieusement solennisée, tout dans la politique conduite depuis un an (voir sa dernière déclaration réclamant partout en Europe l’installation de « centres fermés » pour les migrants – n’est-ce pas pour les mineurs délinquants que l’on établit de tels centres ?), tout montre son mépris pour les gens du peuple. Faut-il ici rappeler ses déclarations honteuses ? Son envolée contre les « fainéants » (discours d’Athènes du 8 septembre 2017) ou contre les sans-rien. « Vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien », déclarait-il à Paris le 29 juin 2017. Il y a aussi ces propos proches du racisme : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien », a-t-il pu dire en visite dans le Morbihan, le 2 juin 2017. Des propos à vrai dire déjà tenus par l’ancien ministre de l’Economie, en septembre 2014, déplorant que beaucoup de femmes employées dans les abattoirs Gad soient « illettrées », ou en mai 2016, rétorquant à un militant syndical : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. »
Emmanuel Macron aime les riches, pas les pauvres. Il aime les élites plus que le peuple (surtout quand il est illettré). Il aime les travailleurs (mais plutôt les cadres que les ouvriers), pas les chômeurs (des « fainéants » dans son esprit).
Tout, disais-je, chez Emmanuel Macron, atteste de sa préférence pour l’argent et les idées de droite. C’est son choix après tout !
Fantomas