En janvier et février, nous avons assisté à un forum, conjointement organisé par le Lions Club et Contribuables Associés, traitant de  « l’origine et des conséquences de la crise de l’Education Nationale ». Le conférencier Philippe Némo, philosophe et historien des idées politiques, a levé le voile sur la destruction du savoir traditionnel orchestrée depuis de nombreuses années, pour éviter les effets discriminants.

Ce délitement de l’enseignement est la conséquence d’un choix politique qui a été fait pour imposer une « école unique » censée engendrer une société nouvelle où n’existeraient plus d’inégalités.

Utopie coûteuse puisque l’Etat consacre à l’enseignement un quart de ses dépenses, soit un total de 145 milliards d’euros pour une « école unique » qui ne marche pas !…les inégalités n’ont jamais été aussi élevées.

Contrairement à ce que répètent inlassablement les syndicats d’enseignants dans les manifestations, les piquets de grève et autres assemblées générales, l’école ne manque ni de moyens, ni d’effectifs. En euros constants, la dépense d’éducation par élève du primaire est passée de 2 930 euros en 1980 à 5 960 euros en 2009. Soit 94,2 % d’augmentation! [1]

Laurent Lafforgue, mathématicien, auteur avec Liliane Lurçat de « la débâcle de l’école » tirait déjà, en 2007, la sonnette d’alarme dénonçant le vaste mensonge de l’Education Nationale. Après une enquête poussée auprès des professeurs, en collectant des informations et en analysant les manuels, Laurent Lafforgue s’est rendu compte de la situation catastrophique. Ce ne sont plus seulement des écoliers qui subissent de mauvais enseignements, mais aussi des professeurs issus de ces mauvais enseignements.

Dans son ouvrage, les contributeurs incriminent le constructivisme qui consiste à laisser l’enfant construire lui-même son savoir. Point de vue intéressant pour des universitaires : Le  constructivisme est responsable du désastre de l’école. Quant aux enseignants, la théorie qui prétend que disposer de savoirs exercerait un pouvoir abusif sur les enfants, ce fameux axiome a remis en cause le principe d’autorité du professeur dans sa classe.

Rappelons que la mission première de l’école est l’instruction et non pas la socialisation. C’est l’instruction qui, par bénéfice collatéral, va produire de la socialisation. Jamais l’école n’a été aussi soucieuse qu’aujourd’hui d’engendrer la paix et pourtant elle est beaucoup plus violente que par le passé.

Avec la réforme de l’orthographe, le nivellement par le bas s’accentue afin de mettre les bons élèves au niveau des mauvais, un contre-sens incroyable dans une société qui ne sait plus à quel diable se vouer pour sombrer avec bonheur dans la médiocrité magnifiée.

Le quatuor Piaf Edit a décidé de prendre part au débat en postant sur Youtube un faux clip de rap dont cet extrait se passe de commentaires : « c’est le bordel dans les manuels, depuis que l’accent (circonflexe) s’est fait la belle (…) salut l’accent, on fera sans, avec nos cerveaux déficients. (…) c’est une nouvelle aberration de cet Etat sans trait d’union ».

 G. Frixon

 

Sources : les enquêtes du contribuable – « Ecole, nos enfants en péril »