L’UE ne devrait pas s’engager dans une guerre commerciale mais doit être prête à défendre ses citoyens, ont déclaré les députés lors d’un débat sur les restrictions commerciales américaines.

Les groupes politiques ont condamné le projet des États-Unis d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium pour des raisons de « sécurité nationale », le qualifiant d’injustifié. Pendant le débat ce mercredi matin, une grande partie des députés s’est dit en faveur de la recherche d’une solution pacifique avec les États-Unis et de la lutte commune contre les causes sous-jacentes de la surcapacité sidérurgique mondiale et des pratiques commerciales déloyales de certains pays.

Néanmoins, les orateurs ont proposé de maintenir toutes les options possibles, au cas où le dialogue échouerait, et ont exprimé leur soutien aux éventuelles contre-mesures annoncées par la Commission la semaine dernière. Afin de ne pas exacerber la situation, la réponse de l’UE doit être ferme mais proportionnée et rester conforme au droit international, ont-ils ajouté.

Les députés ont également invité l’UE à coopérer avec d’autres pays concernés pour renforcer sa position et dire non au protectionnisme.

De nombreux orateurs ont aussi appelé à l’unité européenne pour protéger les citoyens et mis en garde contre les requêtes d’exemptions individuelles provenant des États membres. Certains députés ont cependant rétorqué que l’UE avait également été protectionniste avec sa propre union douanière et décrit l’effort du Président Trump pour protéger les travailleurs américains du secteur de la sidérurgie comme légitime.

Le vice-président de la Commission, Jyri Katainen, a déclaré qu’il s’attendait à ce que l’UE, en tant qu’alliée stratégique, soit exclue des droits de douane, ses exportations ne nuisant pas aux États-Unis. Il a annoncé que l’UE et les États-Unis avaient commencé à travailler ensemble sur la surcapacité mondiale et que ce travail s’intensifierait bientôt.

La commissaire chargée du commerce, Cecilia Malmström, a expliqué que l’UE ne souhaitait pas d’escalade et qu’elle ne partageait pas non plus le point de vue selon lequel les guerres commerciales étaient faciles à gagner. Mais si les exportations de l’UE ne sont pas exclues du champ d’application des mesures américaines, une « réponse ferme mais proportionnée » devrait suivre, a-t-elle dit.