photo de N.Benamour

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La France connait depuis quelques années des actes odieux qualifiés de terrorisme. Les récents évènements ont permis de soutenir la théorie selon laquelle la politique n’est jamais vraiment loin des attentats car ces attaques soulèvent des problèmes pour lesquels il est absolument essentiel de trouver des réponses. Le peuple se tournera d’abord vers ceux qui ont des solutions.

Tueries de mars 2012 : l’affaire Merah

Une série d’attentats touche la région Midi-Pyrénées. Les premiers faits se déroulent le 11 mars 2012 avec l’exécution du maréchal des logis-chef Imad Ibn Ziaten par Mohammed Merah. La victime, un Français d’origine marocaine, appartenait au 1er régiment du train parachutiste. Il sera froidement abattu sur un parking à Toulouse avec une arme type Colt 45 de calibre 45 ACP. Son meurtrier aurait préparé son attaque en contactant sa victime à travers le site d’annonces leboncoin.fr. Il se serait fait passer pour un potentiel acheteur de la moto vendue par Imad Ibn Ziaten. La victime comprendra bien trop tard que son rendez-vous lui serait fatal. L’assassin s’enfuit à scooter et emporte avec lui la caméra GoPro qui contient les images de son meurtre. On apprendra plus tard qu’il aurait dit avant de commettre son geste « Tu tues mes frères, je te tue ».mera_opt

 

L’affaire déjà bien tragique se poursuit à Montauban. Le 15 mars, soit 4 jours après les premiers faits, Mohammed Merah réapparait pour tuer deux militaires (Abel Chennouf, 26 ans, français catholique d’origine algérienne et Mohamed Legouad, 24 ans, français musulman d’origine algérienne). Un troisième militaire sera grièvement blessé au niveau de la tête (Loïc Liber, 28 ans, antillais, s’en sortira tétraplégique). L’attentat a lieu cette fois près d’une caserne à Montauban. Le tireur arrive encore une fois en scooter et repart, comme il est venu, tout en criant « Allah akbar ». L’assassinat est clairement manifeste, Mohammed Merah ayant pris le temps de tirer dans la tête et d’achever une des deux victimes déjà à terre. Les munitions utilisées sont les mêmes que pour le précédent crime. L’origine maghrébine des victimes pousse les enquêteurs à s’orienter sur la piste de crimes racistes, sans savoir que la suite des projets du terroriste viendrait apporter une seconde dimension à cette théorie.

Troisième et dernier volet de cette série meurtrière. Un homme équipé d’une caméra GoPro se présente devant le collège-lycée juif Ozar Hatorah à Toulouse à bord d’un scooter Yamaha TMAX. Il commence ensuite à tirer vers la cour d’école. A l’extérieur, une première victime décède sous les yeux des enfants : le rabbin Jonathan Sandler, un professeur de l’école voulant protéger ses deux fils. Le tueur exécutera l’un d’entre eux puis, voyant le deuxième ramper à terre vers son père et son frère, il l’abattra aussi froidement que les autres. Mohammed Merah rentre ensuite dans la cour d’école poursuivant la fille du directeur, Myriam Monsonégo. Il attrape la jeune fille de 8 ans par les cheveux et tente de la tuer mais son arme s’enraye. Il sortira alors un pistolet 9 mm Parabellum et lui logera une balle dans la tempe d’un tir à bout portant. Il prendra ensuite la fuite à bord du scooter en blessant grièvement un jeune de 15 ans et demi, Aaron Bryan Bijaoui.iza_opt

L’affaire se dénoue grâce au témoignage clé d’un concessionnaire Yamaha à Toulouse qui indiquera le 20 mars à la police avoir souvenance d’un homme venu le 6 mars lui demander comment désactiver le traceur d’un scooter Yamaha TMAX, une chose qu’il ne pourra pas faire. Il serait également reparti avec une cagoule. Le concessionnaire pourra donner l’identité exacte du client, une information précieuse qui permettra de mettre la main sur le terroriste retranché à domicile pendant plus de 30 heures de siège. Il sera tué pendant l’assaut. L’enquête conduira en juin 2013 à la mise en examen pour complicité d’Abdelkader Merah (le frère du tueur), Fetah Melki (responsable du vol du scooter) et Mohammed Mounir Meskine (fournisseur de certaines des armes et responsable du vol d’un gilet pare-balles appartenant à la police…).

Mohammed Merah était connu pour des faits de délinquance et fiché par les services du renseignement après des voyages notamment au Pakistan et en Afghanistan pendant lesquels il aurait appris le maniement d’armes. Mais voilà, les tueries s’opèrent un peu plus d’un mois avant le premier tour des élections présidentielles de 2012, le 22 avril. Difficile donc de ne pas en étudier l’impact politique… Suite aux premiers votes, l’Extrême Droite, représentée par Marine Le Pen, prendra la troisième place avec 17,90% des voix, juste derrière François Hollande (28,63%) et Nicolas Sarkozy (27,18%) mais juste avant Jean-Luc Mélenchon (11,10%) et François Bayrou (9,13%)  . D’après Sud Ouest, on savait déjà avant l’attentat que le duel aux présidentielles se jouerait entre Hollande et Sarkozy. En revanche, un doute planait encore concernant la troisième place. Le journal indiquait alors « Dans le staff de Marine Le Pen, on table notamment sur un retournement de tendance en sa faveur grâce à la peur de l’islamisme. ». C’est bien ce parti politique qui décrochera la troisième place. Des thèses conspirationnistes se sont créées autour de l’affaire. Quelques heures après les faits, le candidat NPA à la présidentielle, Philippe Poutou, déclarait « ça a l’air d’être un fou,mais ce n’est peut-être pas un hasard si ça arrive en pleine campagne. Il y apeut-être un calcul politique derrière pour faire diversion par rapport à lacrise ». Certains prétendent même que Mohammed Merah aurait été victime d’une manipulation par les services secrets, déclarant aux hommes du RAID « Je suis innocent », des propos qui ont parait-il été enregistré puisque deux vidéos auraient été réalisées pendant l’assaut du RAID. Pour autant, impossible de mettre la main dessus.

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Suite à cette tuerie, le gouvernement durcit sa politique de lutte antiterroriste en créant six mois après une nouvelle loi anti-djihadiste. Les personnes soupçonnées d’être des djihadistes peuvent désormais être mieux surveillées (suivi des données GPS, des factures de téléphone, des détails des connexions internet,…). Les mesures sont également passées par l’étape de l’amélioration des services de renseignement pour surveiller plus efficacement les groupes radicaux proches des djihadistes, mais aussi par un meilleur encadrement de la religion musulmane dans les prisons, autrefois propagée par des imams autoproclamés.

9 janvier 2013 : assassinat de trois militantes kurdes à Paris

Dans l’après-midi du 9 janvier 2013, trois femmes sont exécutées d’une balle dans la tête. Les faits se sont déroulés rue la Fayette, dans le 10e arrondissement de Paris dans les locaux du centre d’information du Kurdistan. Les corps seront retrouvés dans la nuit vers 1h30 après intervention de la police, elle-même alertée par des amis des trois militantes préoccupés de rester sans nouvelle. D’après le responsable de la fédération des associations kurdes, Leon Edart, les victimes auraient ouvert la porte au(x) tueur(s), l’endroit étant sécurisé par un digicode. Une dizaine de jours plus tard, l’assassin est interpellé. Omer Güney, un Turc de 32 ans vivant en France depuis l’âge de 9 ans aurait commis les trois assassinats, sans qu’on puisse pour autant trouver un éventuel donneur d’ordre. Selon des témoignages de ses proches, il s’agissait d’un « ultranationaliste » se définissant lui-même comme un « loup gris », le nom donné aux militants des « Foyers idéalistes », un mouvement basé sur le nationalisme turc. Mais devant la police et les membres du centre d’informations du Kurdistan, il se présente comme un sympathisant du PKK. D’après les résultats de l’enquête, il se serait infiltré un an auparavant dans la communauté kurde locale. Son français parfait lui aurait permis de jouer le rôle d’interprète et de chauffeur à de hauts responsables du PKK de Paris. Le Monde révèle qu’il avait pour mission de raccompagner en voiture Sakine Cansiz, une figure emblématique du PKK faisant partie des victimes, jusqu’à l’appartement rue La Fayette le jour de l’assassinat.

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Le journal 20 Minutes rapporte le témoignage d’Elise qui déclare alors que ces meurtres ont peut-être été commis « pour saboter le projet de paix entre le nouveau gouvernement turc et les kurdes ». Trois semaines après les meurtres, un ancien agent du renseignement turc révèle l’appartenance d’Omer Güney aux services secrets turcs, en tant qu’agent et que « le massacre de Paris est l’affaire de la faction dure au sein du MIT », des propos sur lesquels il reviendra ensuite. L’affaire prend différents tournants mais le 14 janvier 2014, un site turc publie une note interne du MIT présentant un projet d’assassinat de grands responsables du PKK sur le sol européen. Dans la même journée, le service secret turc publie un démenti. Toutefois, plusieurs sources authentifieront le document. Le 9 juillet 2015, le parquet de Paris a demandé le renvoi de l’auteur présumé du triple meurtre devant la cour d’assisses pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste ». L’implication du MIT a été déclaré comme possible mais l’identification exacte des commanditaires n’a pas pu être avérée. Un assassinat politique n’est donc pas écarté.

Janvier 2015 : attentats de Paris

Les faits commencent le 7 janvier. Deux terroristes, les frères Chérif et Saïd Kouachi, pénètrent dans les locaux du journal satirique de Charlie Hebdo à Paris. Ils viseront en particulier Charb mais tueront 12 personnes (dont cinq dessinateurs et deux policiers) pour « venger » le prophète caricaturé de nombreuses fois par le journal. Alors qu’on pense le massacre achevé, le lendemain, une jeune policière se fait tuer à bout portant par Amedy Coulibaly à Montrouge alors qu’elle intervenait sur un accident de la route. Les trois hommes se connaissaient et auraient synchronisé leurs actions. Le 9 janvier, deux prises d’otages se mettent en place. Les deux frères se retranchent dans une imprimerie à Dammartin-en-Goële. Amedy Coulibaly, lui, tue quatre nouvelles personnes avant de s’enfermer dans un supermarché casher de Paris. L’assaut final, mené de façon synchronisé sur les deux lieux de prises d’otages conduit au décès des trois terroristes.

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Un « plan Charlie » est présenté par le Premier ministre Manuel Valls visant à créer 2680 postes supplémentaires dans le renseignement sur trois ans. Plusieurs mois se sont écoulés. A ce jour, 540 emplois ont été attribués pour le ministère de l’Intérieur, 293 pour la Justice et autour de 100 pour la DGSE et le ministère des Finances. On est visiblement loin des chiffres annoncés. A noter qu’il ne suffit pas de recruter. Il faut également former, ce qui prend du temps. En politique, la réaction de François Hollande pendant les attentats de janvier est plutôt bien accueillie, lui faisant gagner 20 points de popularité avec 38% d’opinion favorable.

Le 19 mars, soit 3 jours avant le premier tour des élections départementales, un projet de loi sur lerenseignement est présenté en Conseil des ministres. Son objectif : assouplir la procédure pour pouvoir infiltrer et surveiller les terroristes en posant des traceurs gps, des micros, des caméras espions et en réalisant des écoutes téléphoniques. En toute légalité, les services de renseignements pourront, grâce à des logiciels espions, intercepter des mails ou des conversations téléphoniques, ainsi que récolter les informations saisies au clavier. Au total, la loi définit quatre techniques de surveillance des potentiels terroristes. Deux semaines après les attentats, Manuel Valls avait déjà annoncé une série de mesures incluant des moyens financiers, matériels et humains plus importants pour les services de renseignement, des équipements plus adaptés aux menaces terroristes (armes plus puissantes, gilets pare-balles plus récents,…), mais aussi la création d’un fichier dédié aux personnes condamnées pour terrorisme ou appartenant à un groupe de combat terroriste, ou encore l’aménagement de quartiers spécifiques dans les prisons pour isoler les détenus liés à la mouvance islamiste radicale. Ce dernier point cherche à résoudre le problème de la radicalisation en prison.

En pleine période d’élections départementales, les attentats de Paris ont influencé très nettement les votes au premier tour. Il faut dire que les semaines qui ont suivi les tueries, une nette hausse de l’islamophobie a été ressentie, augmentant très largement les actes commis contre la communauté musulmane. En politique, un certain nombre de candidats de l’Extrême droite ont tenu des propos racistes, antisémites, islamophobes mais également homophobes, des paroles qualifiées de « dérapages esthétiques » par Jean-Marie Le Pen et de « cas isolés » par Marine Le Pen. Dans le même temps, des candidats du FN sont victimes de divers incidents visant à perturber leur campagne. La période des élections s’est donc déroulée dans un climat plutôt agressif. Si l’on se penche sur la carte des partis en tête dans les divers départements à la fin du premier tour http://www.europe1.fr/politique/elections-departementales-2015-les-resultats-du-premier-tour-2406513 , on observe une avancée marquée du FN notamment dans les départements du nord de la France (Nord-Pas-de-Calais, Somme, Oise, Aisne, Ardennes), de l’Aube, l’Yonne, la Nièvre, la Haute-Marne, la Haute-Saône, mais aussi du sud-est (départements allant des Pyrénées Orientales au Var), de la Tarn, Tarn-et-Garonne et Lot-et-Garonne. Mais au second tour, le FN ne gagne finalement aucun département http://www.europe1.fr/politique/elections-departementales-2015-tous-les-resultats-2413051 , une réaction probablement due à la peur des partis extrêmes mais aussi aux stratégies menées par la Gauche et la Droite pour éliminer le FN.

 

26 juin 2015 : attentat de Saint-Quentin-Fallavier

En Isère, dans la zone industrielle de Saint-Quentin-Fallavier, un attentat est commis contre l’usine de production de gaz industriels et médicaux Air Products, un site classé Seveso « seuil bas ». L’auteur des faits, Yassin Salhi, travaillait comme chauffeur-livreur dans l’entreprise de transport ATC depuis le mois de mars. Le 26 juin 2015 vers 8h, Yassin Salhi trouve un prétexte pour faire monter son patron, Hervé Cornara, dans sa camionnette. Il l’assommera ensuite d’un coup de cric avant de l’étrangler. Selon ses propos, il s’arrêtera 500 m avant d’arriver à l’usine Air Products pour le décapiter pour des motivations superficielles (expliquant lui-même avoir agi ainsi pour avoir été deux jours plus tôt réprimandé par son patron suite à la chute d’une palette de matériel informatique). Le tueur rentre ensuite avec sa camionnette dans l’usine. Connu du personnel, personne ne s’en méfie. Il prendra alors deux photos avec sa victime, l’une enveloppée dans un drapeau, la tête posée sur le tronc, l’autre, un selfie macabre envoyé par WhatsApp à un djihadiste prénommé Sébastin Yunes-V (parti en Syrie). Yassin Salhi accrochera la tête de sa victime sur le grillage de l’enceinte du site entourée de banderoles sur lesquelles est inscrite la profession de foi musulmane, la Chahada. Il enverra ensuite sa camionnette contre un hangar contenant des bonbonnes de gaz et d’acétone, provoquant ainsi une explosion. C’est un pompier qui neutralisera le terroriste avant l’arrivée des gendarmes.

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Suspecté de radicalisation, Yassin Salhi a fait l’objet d’une fiche « S » (« Sûreté de l’Etat ») entre 2006 et 2008. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait précisé au cours de l’enquête que le terroriste « était en lien avec la mouvance salafiste ». Suite à cette attaque, l’ensemble des usines Setiso de la région Rhône-Alpes ont renforcé leur niveau de sécurité, craignant de nouveaux attentats sur des sites plus sensibles. Pour autant, les faits ressemblent plus à une vengeance personnelle déguisée sous des marques de terrorisme.

 

13 novembre 2015 : Attentats de Paris et Saint-Denis

 

Le 13 novembre vers 21h30 à Saint-Denis, un kamikaze fait exploser sa ceinture d’explosifs près d’une porte d’entrée du Stade de France, où se déroule le match amical France-Allemagne devant 80 000 spectateurs. Il entraîne avec lui la mort d’un passant. Le président de la République François Hollande, présent au match, sera très vite évacué. On apprendra plus tard que la cible visait bien l’intérieur du Stade de France, mais que le terroriste s’était fait refoulé aux contrôles d’entrée. L’affaire se complique très vite car le terroriste n’était pas seul. Il s’était synchronisé avec d’autres équipes qui ont attaqué en même temps d’autres lieux situés en plein cœur de Paris. Plusieurs dizaines de personnes seront tuées sur des terrasses de café, de bar et de restaurants mais l’attaque la plus meurtrière se déroulera au Bataclan, une des salles de spectacle les plus connues de France. En plein concert, 3 terroristes entrent dans le bâtiment, prenant en otage des centaines de personnes. Ils tireront dans le tas et procéderont à des exécutions massives avant de se faire sauter avec leur ceinture d’explosifs, une ceinture contenant des boulons pour maximiser le nombre de morts. Le bilan sera terrible : plus d’une centaine de victimes, en grande majorité des jeunes venus tout simplement écouter de la musique. Revendiqués par Daesh, ce sont les attentats les plus meurtriers de France. En cause, les terroristes ont expliqué se venger de l’intervention de la France en particulier en Syrie et en Irak.

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Ces attentats ont été encore plus traumatisants pour la population française, choquant au passage de nombreux autres pays. La réaction de François Hollande, à nouveau salué par un gain de popularité de 17 points, amenant sa côte au plus haut depuis trois ans avec 41% d’opinion favorable. Même constat pour le premier Ministre qui gagne 9 points et passe à 47% d’opinion favorable. Pour autant, le lendemain des attentats, les différents partis ont annoncé faire une pause dans leur campagne, par respect pour les victimes car rappelons le, les régionales auront lieu le 6 et 13 décembre… Encore une fois, difficile de mener sa campagne sans tenir compte de la sécurité des français et des problèmes de la société (une bonne occasion d’ailleurs pour s’écarter des problèmes insolvables qui sont pourtant la priorité des électeurs en temps ‘normal’. L’emploi par exemple.). La dureté des attaques a provoqué une réponse de l’Etat équivalente.

D’abord, les questions du renseignement et du suivi des individus fichés comme étant radicalisés sont revenus à l’ordre du jour. De nouvelles failles ont été dévoilées, et notamment l’absence suffisante de communication entre les services de renseignements des différents pays. Le suivi des individus suspectés d’être radicalisés apparait également incontournable dans la lutte contre les attentats terroristes. Plusieurs mesures ont déjà été proposées à ce sujet comme le port d’un bracelet électronique. Le Gouvernement se penche également sur les lieux de radicalisation, et notamment certaines mosquées gérées par des imams radicalisés ne prônant pas les vraies valeurs de l’Islam. Parmi les autres mesures, on trouve également la déchéance de la nationalité française et la création de centre de déradicalisation. L’enquête a également démontré que les cartes prépayées détenues par les terroristes leur permettaient une très grande liberté, ces cartes pouvant être re-créditées à distance sans vérification d’identité. Leur contrôle fait partie des nouvelles mesures prises par le gouvernement. La montée de l’Etat Islamique et la répercussion des attaques de Paris et Saint-Denis ont fait réagir de nombreux dirigeants qui s’accordent aujourd’hui sur la nécessité de lutter de façon commune contre le terrorisme. Le président Hollande a immédiatement répliqué en envoyant des bombes en Syrie afin de détruire des camps d’entrainement. Désormais, la France entre en guerre contre le financement de Daesh. Le pays, conjointement avec d’autres comme les Etats-Unis et la Russie, s’attaque à des installations de Daesh ainsi qu’à des camions-citernes transportant du pétrole, une des voies de financement les plus lucratives del’El. Il convient de souligner l’extrême richesse de l’organisation terroriste dont le patrimoine est estimé à 2 260 milliards d’euros.

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Selon un sondage Opinionway réalisé le 20 novembre, les attentats du 13 novembre aurait fait gagner deux points au FN et perdre deux points à la droite par rapport aux résultats d’un sondage effectué le 13 novembre (avant les attentats). Aucun impact n’est visible pour le parti socialiste. Au bilan, si le premier tour des régionales avaient eu lieu ce dimanche 22 novembre, le Front National serait passé en tête avec 30% des voix, devant la droite et le centre (28%) et le PS (22%). Pour autant, si l’on regarde la carte des listes en tête dans les sondages, le FN a de grandes chances de percer dans le Nord-Pas-de-Calais – Picardie et en région PACA, un constat déjà visible avant les attentats. La Gauche détiendrait la Bretagne, le Poitou-Charentes – Aquitaine et la région Midi-Pyrénées – Languedoc Roussillon, et la Droite l’Ile de France, le Centre et les Pays de la Loire. Aucune certitude quant aux autres régions.

Suite aux divers attentats, des mesures pour protéger les français ont été présentées mais la mise en place de certaines d’entre elles ne peuvent d’être appliquées de façon immédiate. Toutefois, on notera que les actions du Gouvernement face au terrorisme se sont intensifiées depuis le carnage du Bataclan, entre autres. Jamais la France ne s’est montrée aussi décidée à détruire l’El qu’aujourd’hui, comme si une résolution immédiate du problème voulait être trouvée. Il est assez cohérent de penser que si les attentats de Charlie Hebdo avaient déjà endolori le peuple français, les attaques perpétrées ce mois-ci ont plongé le pays dans une situation de guerre au sein même d’un pays en paix. Le choc émotionnel vécu par la plupart des gens aura nécessairement un impact sur les prochaines élections, les français attendant des mesures strictes et efficaces pour que l’horreur des attentats de janvier et de novembre ne puisse plus se représenter. Les enjeux des régionales s’articuleront autour de la sécurité, de la neutralisation des voies de radicalisation en France, du suivi des individus revenant de pays comme la Syrie ou le Pakistan, du contrôle des dérives liées aux imams autoproclamés et de la surveillance des frontières. Des sujets forts comme le chômage resteront à l’ordre du jour surtout dans les régions durement touchées par le manque d’emplois.

A.G