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« Coup de tonnerre » sur l’Amérique ! Donald Trump est devenu, le 8 novembre dernier, le 45 ème président des Etats-Unis. Un ultra-conservateur remplace un progressiste modéré. Personne ne croyait cette victoire possible, sans doute pas l’intéressé, quoiqu’il dise aujourd’hui. Victoire-surprise, peut-être, mais victoire logique aussi. Face à Donald Trump, il y avait une mauvaise candidate, la démocrate Hillay Clinton, qui, pour le coup, en finit là avec sa carrière politique. On peut regretter, avec Jean-Luc Mélenchon, l’élimination de Bernie Sanders qui avait manifestement l’étoffe d’un chef d’Etat… et des idées novatrices et audacieuses pour son pays. L’histoire est ainsi faite : on ne la refera pas.Quels enseignements peut-on tirer de cette élection américaine ?

1) Qu’il faut cesser définitivement les discours moralistes, stigmatiser tel ou tel, parce qu’il est différent, ne parle pas comme vous, ne pense pas comme vous. Oui, Donald Trump est vulgaire, sectaire, inquiétant, mais regardons à notre porte : Nicolas Sarkozy, l’adepte du « nettoyage au Karcher », l’inventeur du « cass’toi, povre con », n’a rien à envier au nouveau président américain. Et que dire des invectives de nos députés à chacune de leurs séances de travail ! De la misogynie, du sexisme même chez certains d’entre eux ? La classe politique est décidément bien grossière.

2) Qu’il faut nous défaire au plus vite de cette malfaisante « démocratie d’opinion » publique. Les sondeurs recueillent moins l’opinion des sondés qu’ils ne la créent. La faute en revient en amont au système médiatique qui, privilégiant telle ou telle personnalité politique, en stigmatisant telle ou telle autre, donne en réalité, à son insu ?, des indications de vote aux citoyens. JE SUGGERE DONC, dès la déclaration du premier candidat à l’élection présidentielle, L’INTERDICTION DE TOUT SONDAGE sur les intentions de vote. C’est d’ailleurs rendre service aux Instituts de sondage qui, d’élection en élection, se singularisent par leurs faibles qualités de « prévoyance ».

 

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3) Qu’il faut urgemment prendre le peuple au sérieux, respecter cette « majorité silencieuse » dont parle aujourd’hui M. Sarkozy. Le peuple est souverain. C’est écrit dans notre Constitution. C’est à lui le dernier mot. Il l’a montré en élisant Donald Trump. Il pourrait le montrer à nouveau en accordant ce même privilège à Marine Le Pen en mai prochain. Certes la marche paraît bien haute encore pour la présidente du Front national qui doit passer de 30 % à + 50 % des voix. Mais, très improbable, son élection n’est pas impossible. Face à Alain Juppé et à son discours rassembleur ses chances semblent ténues. Face à un Nicolas Sarkozy et à un François Hollande elles nous paraissent plus sérieuses. Cela va dépendre de deux choses : d’une part, du « réflexe républicain » pour contrer la candidature en question (l’on sait les difficultés croissantes à former un « Front républicain », à suivre, pour les citoyens, la consigne du « faire barrage ») ; d’autre part de la mobilisation des électeurs pour ce second tour de notre présidentielle. Les abstentionnistes forment un formidable réservoir de voix. Là se loge sans doute la fameuse majorité silencieuse. Une chose est sûre, l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis est moins la victoire d’un homme que la défaite d’un système, le système des professionnels de la République, mais aussi, répétons-le, la défaite d’une candidate, Hillary Clinton, n’incarnant pas vraiment le renouveau politique.

Pour le reste, il ne faut qu’avoir modérément peur de M. Trump qui va devoir composer avec le système médiatico- politique qu’il dénonce. Il a déjà retiré de son site internet certaines mesures, soit contraires à la Constitution américaine comme l’interdiction de l’entrée des musulmans aux Etats-Unis, soit irréalistes comme l’expulsion du pays de millions d’immigrés (seuls sont désormais visés les immigrés criminels). Il y a fort à parier que M. Trump, mis de plus en plus face au « principe de réalité », c’est-à-dire aux choix peut-être divergents du Congrès ainsi qu’aux contraintes constitutionnelles, placées sous la sauvegarde de la Cour suprême, deviendra à terme un vrai Président américain « normal » (ou presque). Une victoire de Marine Le Pen aurait en revanche des conséquences plus lourdes, le Président français étant, de beaucoup, juridiquement, constitutionnellement, plus puissant que le président américain. Pas de « check and balance » dans notre pays.

Michel Fize, sociologue, ancien conseil régional progressiste d’Ile-de-France, candidat à la prochaine élection présidentielle