Avec le thème « Une alimentation saine », l’édition 2019 de la Journée Mondiale de l’Alimentation lance un appel pour que tous les habitants de la planète puisent disposer d’une alimentation saine et durable. Alors que le sujet de l’alimentation est l’objet de nombreux débats et controverses qui touchent, la santé, l’agriculture, l’environnement et l’économie mondiale, cette initiative a du sens si chacun prend part à une véritable réflexion et à des actions de long terme à la hauteur des enjeux.

Faim « zéro » figure en tête des dix-sept objectifs de développement durable (ODD) de l’agenda 2030 de l’ONU adopté en septembre 2015 par ses 193 États membres. Cet objectif vise notamment à éliminer la faim et à mettre fin à toutes les formes de malnutrition. L’organisme des Nations Unies dédié à alimentation et l’agriculture (plus connu sous son sigle anglo-saxon FAO : Food and agriculture organisation) est, à l’échelle internationale, le principal acteur dans ce domaine et a choisi le thème « Agir pour l’avenir – une alimentation saine pour un monde #faimzéro » pour la journée mondiale de l’alimentation du 16 octobre 2019 dans un contexte de modifications profondes de notre alimentation et de nos habitude alimentaires au cours des dernières décennies.

820 millions de personnes souffrent de sous-alimentation aujourd’hui. 

Après des décennies de baisse constante, la tendance de la faim dans le monde est restée pratiquement inchangée ces trois dernières années, à un niveau légèrement inférieur à 11% de la population mondiale. Les pays pauvres sont les plus touchés notamment en Afrique où la sous-alimentation touche près de 20% de ses habitants, alors que 11,4% de la population est sous-alimentée en Asie, 6,1% en Amérique Latine et Caraïbes, 7% en Océanie, et moins de 2,5% en Amérique du Nord et en Europe. Au-delà de la faim, on constate que 17,2% de la population mondiale, soit 1,3 milliard de personnes, sont en état d’insécurité alimentaire grave et n’ont pas régulièrement accès à des aliments nutritifs en quantité suffisante ce qui les expose à diverses formes de malnutrition. Au total ce sont plus 2 milliards de terriens qui sont en état d’insécurité alimentaire.

Au même moment, 1,9 milliard de personnes sont en surpoids,

dont 672 millions d’adultes et 120 millions jeunes (5 à 19 ans) qui sont obèses ! Si la lutte contre la faim dans le monde est une constante préoccupation depuis plus soixante-dix ans, les effets d’une alimentation a la fois pléthorique et déséquilibrée n’ont été pris en considération que beaucoup plus tard et les actions pour endiguer leur impact sur la santé se limitent au traitement des effets pathologiques (diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers, …)

Au total les mauvaises habitudes alimentaires causent un cinquième des décès dans le monde et elles impactent fortement les dépenses de santé avec un coût mondial estimé à 2000 milliards de dollars par an.

Sous nos latitudes occidentales, le changement des habitudes alimentaires a accompagné l’urbanisation ainsi que les modifications des repas familiaux liées à l’évolution du travail des femmes. S’y ajoute un changement de comportement : encouragé par un marketing redoutablement efficace le « mangeur » moderne dévore au-delà du raisonnable. Gourmande ou compulsive la ruée sur ces aliments pratiques et séduisants nourrit quantitativement plus qu’il est nécessaire et qualitativement moins bien par les déséquilibres qu’elle entraîne (en consommation de sucres principalement)

L’offre croissante de produit préparés qu’on a plus qu’à déballer et réchauffer (si besoin) ou d’une nourriture nomade que l’on trouvera notamment dans la restauration rapide a facilité l’externalisation hors domicile de la confection des repas et a permis le développement d’un secteur économique important. En France les industries agro-alimentaires se taillent la part du lion avec 176 milliards € /an soit près de 8 % du PIB devant la restauration commerciale 90 milliard € (dont près de la moitié est du « fast food ») et la restauration collective, 20 milliards d’Euros.

La croissance de pays comme la Chine ou l’ Inde et en Chine a entraîné une hausse des revenus qui s’accompagne de changements de style de vie et de consommation alimentaire amplifiés par une forte augmentation des populations urbaines. Au niveau du régime alimentaire la part de produits d’origine végétale diminue au profit des produits d’origine animale. Ainsi, il devient plus populaire en Chine de manger au restaurant, prendre des vacances et acheter des plats préparés ; en Inde, les jeunes actifs sortent davantage au restaurant et achètent des plats cuisinés. Mêmes causes mêmes effets, le nombre de personnes en surpoids ou obèses augmente pour atteindre des niveaux élevés notamment chez les enfants (15,3 millions en Chine et et 14,4 millions en Inde).

Dans la rubrique « Passez à l’Action » , sous titrée « Recette pour une vie saine », la FAO donne des informations utiles en matière de choix alimentaires, de choix pour la planète et de choix de vie. Elle conclut en rappelant que tout le monde a son rôle à jouer : Agriculteurs et entreprises agroalimentaires, Gouvernements et institutions et les autres acteurs privés. Puisse t elle être entendue !

x.Drouet