Pour la préparation de son film Minority Report, œuvre de science-fiction dystopique sortie dans les salles en 2002, le réalisateur américain Steven Spielberg a rassemblé autour de lui toute une équipe de spécialistes (architectes, chercheurs, informaticiens) afin de définir au mieux ce que sera la réalité en 2054 : un regard sur le futur qui s’est avéré étonnamment visionnaire. En effet, des interfaces multitactiles, du papier électronique ou encore des logiciels de prédiction des crimes similaires à ceux décrits dans le film ont d’ores et déjà été développés par des entreprises technologiques et adoptés par un large éventail d’utilisateurs, notamment dernièrement par les forces de police américaines.

Parmi les technologies évoquées dans Minority Report, il en est une qui, à ce jour, n’a pas encore véritablement fait son chemin, à savoir celle de l’identification rétinienne des individus, partout et à tout moment. Dans le film, la division Précrime, équipe d’élite chargée de la prévention de la criminalité, déploie autour des bâtiments des hordes de minuscules robots araignées destinés à immobiliser provisoirement les citoyens pour pouvoir scanner leurs yeux et confirmer leur identité.

Si la technologie qui sous-tend cette idée reste à ce jour assez peu répandue, les services de police et de lutte antiterroriste partout dans le monde s’appuient de plus en plus sur des caméras intelligentes et des logiciels de reconnaissance faciale pour stopper de potentiels criminels avant même qu’ils ne frappent ou pour les traquer une fois le crime perpétré.

De même, si l’analyse vidéo n’est pas utilisée pour déjouer le crime avant qu’il ne soit commis – et ne le sera d’ailleurs pas à l’avenir – force est de constater que les logiciels de reconnaissance faciale deviennent de plus en plus sophistiqués. Face à ce constat, deux questions se posent : à quel niveau d’efficacité en est arrivée la technologie sur laquelle se basent ces logiciels et quels obstacles restent à franchir avant que les techniques de reconnaissance décrites dans les films de science-fiction ne trouvent leur place dans la réalité quotidienne ?