Le seul parti politique « libéral », le PLD, pour tenter d’exister, avait fait le choix du moins pire des 10 candidats socialistes de la présidentielle en la personne du candidat centriste, en espérant que cette troisième fois serait la bonne

Cette aventure était vouée à l’échec, et ce pour plusieurs raisons. Depuis 20 ans, l’ex-président de l’UDF a pratiqué la politique de la terre brûlée autour de lui. Tous ses compagnons de route se sont envolés au fur et à mesure de ses aventures électorales. Il n’a jamais su faire partager ses propres convictions à une nouvelle génération pour l’accompagner. Ses troupes, de sensibilités bien trop diverses, n’avaient ni fond, ni ligne politique à défendre en dehors de faire plus ou moins de socialisme. Et sa position ambiguë de 2007, et des mois qui ont suivi, fut son suicide politique.

 

 

Même si certains de ses thèmes de campagne pouvaient paraitre libéraux, son slogan (« France solidaire ») était socialiste (mais aussi maçonnique) sans respect pour ses partenaires libéraux. Il pouvait prétendre être l’unique candidat à défendre les libertés individuelles en dénonçant une France étouffée par l’interventionnisme exagéré de l’Etat, les conflits d’intérêts, l’affairisme ou/et le carriérisme politico-administratif de l’Enarchie avec les connivences en haut comme en bas de l’échelle politique. Il pouvait expliquer que c’est par l’action de chacun en recentrant l’Etat et les collectivités locales sur leurs missions régaliennes, et donc en réduisant la dépense publique pour en laisser plus aux citoyens, que nous avions une chance de sortir de la spirale de la dette et des déficits.

 

Malheureusement son ambition personnelle a pris le pas sur la réflexion des idées au sein de son parti, qu’il a voulu « machine électorale » pour satisfaire son égo en devenant l’homme providentiel face à Sarkozy… mais dans son discours, l’incohérence entre « ni droite, ni gauche » et « faire travailler la droite et la gauche » a été loin de convaincre.

 

Après cet échec stratégique où demain le modem ne survivra pas à son créateur, que doivent faire les libéraux s’ils veulent que le libéralisme soit reconnu à sa juste valeur plutôt que d’être dénigré ? Continuer dans le choix du moins pire ? En consigne de vote, peut-être. Mais il sera indispensable de développer une stratégie propre à l’extrême-centre (là où se situe par subsidiarité le « pouvoir souverain de l’individu ») en toute indépendance des centristes car face aux socialismes/nationalismes/conservatismes, le besoin de liberté sera l’enjeu majeur de la prochaine décennie. Les différentes sensibilités libérales devront d’abord voir l’essentiel qui les rassemble plutôt que les détails qui les divisent afin de faire cesser l’abus de faiblesse politique dont ils font preuve face aux étatistes. Car sans pouvoir, comment imaginer que ce système politique dichotomique mafieux bien huilé cède sa place à la transparence et à la séparation des pouvoirs nécessaires à la Société ?

 

Le libéralisme est pourtant la philosophie politique qui est la plus rationnelle possible. Il est nécessaire de sortir de la trop grande intellectualisation dans laquelle les libéraux se sont enfermés, se privant de la capacité à défendre simplement dans le langage populaire ces formidables idées de la « liberté sans violence » ou de la « défense du faible face au fort ». Il sera nécessaire que nous soyons toujours plus imaginatif dans une organisation moderne pour sortir la société de sa torpeur socialiste et l’entrainer vers une route opposée à la servitude, à la décadence, à la décroissance et aux croyances.

 

Une fenêtre s’ouvre pour les libéraux dans les 4 à 10 ans qui arrivent. A nous de montrer que le libéralisme appliqué au plan politique est loin d’être l’épouvantail supposé mais aurait du être la solution que la Société se devait d’épouser depuis plus de deux siècles.